La forêt  tropicale vous parle

Un petit clin d’oeil de la forêt tropicale pour Noël 

Joyeux Noël 

https://www.youtube.com/watch?v=adIAGpoHoxc&sns=em

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Le yuzu, un agrume aux yeux bridés

Un jour des japonais m’ont ramené un drôle d’agrume, de forme imprécise, avec une peau épaisse et fripée de couleur vert jaune, diffusant une senteur intense et caractéristique de certains agrumes tels les pamplemousses, les mandarines, les oranges amères.

En l’ouvrant j’ai vu qu’il présentait de très gros pépins. Goût très acide et très « radin » en jus.

yuzu

 

Cet agrume particulier, originaire de Chine et utilisé au Japon dans la cuisine, pour la cosmétique et enfin pour ses propriétés relaxantes sur le système nerveux.

Cultivé en Asie et en particulier au Japon, il n’est pas facile de le trouver en Europe sous sa forme de fruits, car il souffrirait trop du transport, par contre on peut acheter son jus ou son huile essentielle.

Ce fruit ? C’est le YUZU (Citrus junosCitrus ichangensis X C. reticulata var. austera)

Mais qu’elles sont donc ses caractéristiques ?

Au niveau du fruit, on retrouve une grande richesse en flavonoïdes, et comme pour tous les agrumes en vitamine C, en conséquence ses qualités d’antioxydant permettant de lutter contre le vieillissement cellulaire, son aide à la microcirculation, son soutien au bon fonctionnement du système immunitaire en font un bon produit pour que nos cellules puissent se défendre contre les spectres des infections en particulier hivernales.

Après une pression à froid du péricarpe on peut extraire une huile essentielle jaune pâle à l’arôme subtil. A la fois caractéristique des fragrances des agrumes, mais générant également des nuances acidulées presque florales, cette huile essentielle est composée d’hydrocarbures triterpéniques et de leurs dérivés (limonène, gamma-terpinène, terpinolène, bêta-phellandrène, bêta-myrcène, linalol, alpha-pinène, méthyl-trisulfide, 6-méthyl-5-heptène-2-ol, n-octanol, néral, trans-2-undecanal et cédrol …). Ces différents composants ont des propriétés fonctionnelles et chimio-préventives. Des études in vitro ont montré une réelle efficacité antiinflammatoire du limonène sur le traitement des bronchites asthmatiques par inhibition des cytokines, des espèces réactives de l’oxygène et par inactivation de la migration des éosinophiles.

Il y a mille ans … les japonais ne savaient pas tout ça !

Les japonais aimaient la senteur que dégageait le péricarpe du fruit. Bien que cet arbre mette une douzaine d’années à porter des fruits, ceux-ci sont plus résistants que les mandarines et possèdent des caractéristiques odorantes nullement égalées par les autres agrumes, caractéristiques récemment attribuées à un composé la Yuzunone.

Une huile essentielle possède toujours un impact sur les mémoires en influençant nos émotions et notre comportement. La fragrance spéciale extraite des fruits du yuzu explique que depuis des centaines d’années des asiatiques (en particulier des japonais) avaient noté que sa diffusion allégeait les effets négatifs du stress, des énervements et anxiétés, augmentait l’attention et la concentration.

Comment l’utilise-t-on ?

  • En cuisine (huile essentielle et jus, péricarpe séché et coupé en fines lamelles) pour parfumer, aromatiser un met. Dans des plats sucrés ou salés, afin de les personnaliser.
  • En cosmétique, un bain très chaud est préparé traditionnellement avec la peau du yuzu (et parfois le fruit entier) au premier jour du solstice d’hiver afin de faire fuir le spectre des maladies hivernales, mais aussi de relaxer les personnes avant la période de l’hiver. Ce bain est actuellement usité pour les cas de rhumatisme, arthrite, jambes lourdes, spasmes digestifs.
  • En cosmétique toujours, des crèmes pour remodeler les silhouettes et aider à l’épuration des capitons, sont fabriquées en ajoutant de l’huile essentielle de yuzu.
  • En coiffure, un dernier rinçage de la chevelure avec le jus du fruit de yuzu est excellent pour obtenir brillance et tonus capillaire.
  • En parfumerie, cette huile essentielle rentre dans la composition de nombreux parfums ou eaux de toilette, en association avec de la vanille, ou bien de l’ylang-ylang, de la verveine vraie, du petit grain bigaradier …
  • En diffusion, elle se marie avec tous les autres agrumes, la lavande, la marjolaine à coquilles, le romarin verbénone …
  • En aromathérapie, quelques gouttes déposées sur un mouchoir en papier peuvent aider à améliorer l’activité du système nerveux parasympathique avant un rendez-vous stressant ou avant un examen en stimulant la mémoire et la concentration.yuzu1

Cathy

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Un agrume aux yeux bridés

Une dernière énigme pour ce mois de decembre.

Connaissez vous cet agrume aux yeux bridés ?

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L’arbousier, un arbuste utilisé depuis des siècles pour traiter certains maux Une touche de beauté dans un paysage aride

Cet arbrisseau de la famille des éricacées porte un nom latin qui fait référence à la saveur pas toujours très goûteuse de ce fruit. Arbutus unedo vient d’une dénomination apportée par Pline l’ancien : unum edo soit : on n’en mange qu’un !

On le nomme « baie du maquis » en Corse car ses couleurs illuminent le paysage un peu rude.

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Ce fruit, c’est le fruit de l’arbousier, cette baie aux belles couleurs rouges que l’on pourrait confondre (uniquement à l’œil) avec une fraise de forme ronde. Son goût parfois est un peu fade, un peu farineux, un peu acidulé mais il peut aussi libérer une saveur de pulpe d’abricot lorsqu’il est totalement mûr en automne. Il se consomme préférentiellement sous forme d’eaux de vie, de confitures, de gelées…Cet arbrisseau est cultivé dans le sud de la France (méditerranée, Corse, atlantique), on le trouve en Europe occidentale, centrale et méridionale, au nord-est de l’Afrique, aux îles Canaries, en Turquie, en Asie occidentale. Il a des feuilles d’un vert profond, elles sont brillantes, persistantes et coriaces.

Les petites fleurs de couleur blanc-jaunâtre sont regroupées en courtes grappes pendantes. La floraison et la fructification se passent d’octobre à janvier. L’arbousier peut porter en même temps des fleurs et des fruits en cours de maturité (leur couleur passe du jaune clair à l’orange pour finir par un rouge profond).

Bien que les fruits ne soient pas considérés comme toujours savoureux, leur utilisation en médecine traditionnelle est ancienne comme antiseptiques, diurétiques et laxatifs.

Les feuilles ont des propriétés astringentes et elles possèdent les mêmes familles d’actifs que les fruits ainsi que d’autres composés. On dit que leur concentration en molécules actives est supérieure à celle des fruits. En conséquence les feuilles récoltées et séchées au printemps sont connues pour leurs propriétés de diurétique, d’antiseptique urinaire, d’anti diarrhéique, de dépuratif et d’anti hypertension.arbousier-2.jpeg.jpeg

Un peu de biblio !

Mais quels sont les intérêts actuels des scientifiques ?

Les extraits des fruits d’arbouse ont révélé une composition phytochimique contenant une forte concentration en antioxydants phénoliques. Plus de 100 publications traitent de ce sujet sensible : les activités antioxydantes des extraits de fruits.

Pourquoi un tel intérêt pour toutes les plantes médicinales riches en polyphénols ?

La littérature scientifique se base sur les études in vitro qui décrivent le profil phénolique et les capacités antioxydantes de cette classe de molécules pour placer les fruits (et feuilles) d’arbousier au rang d’aliment positif pour la santé. Le métabolisme cellulaire aérobie produit continuellement des espèces réactives de l’oxygène (radicaux libres) avec un potentiel concomitant d’effets mutagènes et oncogènes. Le déséquilibre entre les radicaux libres oxygénés et les antioxydants (origine endogène ou exogène) induit un stress oxydatif qui est caractéristique de certaines pathologies.

Mais une alimentation apportant des fruits et des légumes va fournir des antioxydants naturels qui peuvent entrer dans un programme de médecine préventive. Il existe des preuves épidémiologiques selon lesquelles une consommation insuffisante de fruits et de légumes peut prédisposer le corps humain à une gamme de pathologies chroniques, y compris cancer et maladies cardiovasculaires.

Composition phénolique des extraits de fruits de l’arbousier :

Acides phénoliques, flavonols, flavane-3-ols, dérivés galloyles et anthocyanes. L’acide gallique est le composé majoritaire.

Composition phénolique des extraits de feuilles de l’arbousier :

Flavanols (catéchine, procyanine), flavonols (myricétine, quercétine, kaemférol), des dérivés d’acides gallique et ellagique … composés qui existent dans les fruits mais en concentration sensiblement plus basse.

Quelques préparations médicinales avec des feuilles (très important en période de fêtes) :

Un petit engorgement du foie ? Faire une infusion de feuilles d’arbousier (500 ml d’eau bouillante + 25g de feuilles d’arbousier (bio si possible), laisser infuser 5 minutes, filtrer et boire 2 à 3 tasses par jour pendant 2 jours.

De grosses coliques, de la diarrhée ? Faire une décoction dans 500 ml d’eau bouillante + 20g de feuilles d’arbousier (laisser bouillir environ 15 minutes), filtrer et boire 3 tasses par jour pendant 2 jours.

Un peu d’hypertension ? Faire une infusion de feuilles d’arbousier (500 ml d’eau bouillante + 35g de feuilles d’arbousier (bio si possible), laisser infuser 5 minutes, filtrer et boire 2 tasses par jour pendant 8 jours.

Quelques idées d’utilisation du fruit (bien mûr) :

Une liqueur : il faut 1kg de fruits réduits en purée, 350 à 380g de sucre (sucre de canne roux personnalise la liqueur), une eau de vie de goût neutre, à 45° environ de degré d’alcool. Mélanger les ingrédients, remplir un récipient en verre transparent et laisser fermenter au soleil pendant un mois ou deux. Filtrer, mettre en bouteille et attendre deux mois avant de consommer.

Des confitures : il faut 1kg de fruits d’arbousier bien mûrs, 350g (à 500g) de sucre de canne roux, 1 cuillère à soupe d’armagnac et quelques morceaux de citron confit. Procéder comme pour toutes les confitures (filtrer au chinois les particules non écrasées)

Un clin d’œil à mesdames les abeilles :

Les fleurs sont très mellifères, et leur floraison en automne donne « une nourriture de secours » pour le futur couvain. Il ne faut pas produire du miel uniquement aux arbouses car il serait trop amer, mais l’apport alimentaire en mauvaise saison de floraison, est un bienfait pour les abeilles.

Cathy

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Une « fraise » antioxydante pas comme les autres. Les polyphénols sévissent encore et toujours !

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Ce petit arbrisseau appartient à la famille de éricacées. Ses fruits sont ronds, ont une saveur aigrelette et à maturité prennent une superbe couleur rouge vif.

Il ne faut pas le confondre avec un petit arbuste épineux, portant des baies rouge-orangées et appartenant à la famille des éléagnacées.

Ils ont presque le même nom vernaculaire, une seule lettre les différencie.

Le premier aime les climats un peu doux, les zones côtières méditerranéennes ou océaniques, le second est rustique, subit le froid et les terres arides sans problèmes.

Les deux sont des antioxydants riches en polyphénols et en vitamine C

Les fleurs du premier sont blanc-verdâtre, et apparaissent en septembre-octobre. Les fleurs du second de couleur jaune-verdâtre fleurissent au mois d’avril.

Les fruits du premier apparaissent en même temps que les fleurs vers septembre-octobre. Les fruits du second sont à maturité en septembre.

Les deux fruits crus ne sont pas très savoureux, mais en confiture, compotes, infusions … leur goût est agréable.

Mais qui sont ces deux fruits que l’on conseille aussi bien pour leurs vertus antioxydantes et protectrices des inflammations.

Cathy

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Le sapin baumier, le sapin de Noël

La réponse est :  le sapin baumier ( Abies balsamea).

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Le sapin baumier appartient à la famille des conifères ou abiétacées, cet arbre peut atteindre les vingt mètres de haut il est de forme pyramidale, il peut vivre jusqu’à 150 ans.

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Il présente une écorce lisse et grise  et porte des vésicules de gomme de sapin qui est  en fait une oléorésine.

Ses aiguilles sont persistantes et plates avec deux raies blanches en dessous, ses cônes sont de teinte violacées et mûrissent en automne.

Parmi les neuf espèces de sapin retrouvées en Amérique du Nord, le sapin baumier (Abies Balsamea) est la seule qui pousse au Québec et qui fournit cette résine connue  en Europe sous le nom de « baume du Canada« .

 

Le sapin fait partie intégrante du patrimoine du Québec.

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Autour du sapin, toujours vert, les familles québécoises se rassemblent pour célébrer l’amour, l’abondance et la chaleur au cœur de l’hiver.

Autrefois, quand la vie se passait en forêt, il a sauvé plus d’une vie car, dans les campements, les indigènes, les colons et les coureurs des bois l’utilisaient pour tapisser le sol et se faire une couche confortable et odorante ainsi que pour se construire des huttes recouvertes d’une bonne couche de neige isolante.

En forêt il permet aussi de se faire un feu très facilement, même par temps de pluie, car la grande quantité d’huile essentielle contenue dans ses aiguilles le rend très inflammable. Le sapin est d’autre part un élément important de la médecine populaire au Canada français.

Dans la tradition amérindienne, on fait des décoctions de branches et d’aiguilles, et on recueille la gomme blanche qui se forme sur l’écorce.

On l’utilise en pommade pour soigner les blessures mineures et les piqûres d’insectes en plus de s’en servir pour traiter les troubles cardiaques, rénaux et pulmonaires, la gonorrhée, le cancer, les rhumatismes ainsi que les menstruations irrégulières.

annedaOn l’utilise par ailleurs pour ses propriétés laxative et analgésique L’Annedda redécouvert: Jacques Mathieu rétablit dans son ouvrage «l’Annedda» le sapin baumier comme étant le véritable «Arbre de Vie» cité dans les écrits historiques du début de la colonie. Cet arbre guérisseur a sauvé les marins de Jacques Cartier atteints de scorbut, et tenant compte de ses multiples propriétés médicinales reconnues, ainsi que des recherches récentes faites par les chercheurs de l’université de Chicoutimi, on peut aussi faire appel à lui pour la lutte contre le cancer (ils ont en effet démontré en laboratoire, que l’huile de sapin faisait mourir les cellules cancéreuses sans toutefois affecter les cellules saines), on peut affirmer haut et fort qu’il mérite le titre de «l’Arbre de vie»

Je vous invite à découvrir le document de l’ Annedda L’arbre de vie  : annedda

Ce sont les Amérindiens qui ont enseigné aux colons les vertus du sapin baumier et, très vite, les Jésuites l’ont envoyé en Europe à la tonne comme remède contre la tuberculose.
Depuis deux siècles déjà, on exporte la gomme du sapin dans le monde entier.

Il sert aussi de diluant à peinture, de vernis pour les instruments de musique et même de matière première des lentilles pour les outils de précision optique.

L’huile essentielle de sapin, aussi appelée est très renommée pour sa qualité et ses spécificités. On vient même d’y découvrir une molécule particulière, l’alpha-humulène, qui combattrait les tumeurs cancéreuses.

Les pousses de sapin sont également concentrées en vitamines A et C, en acide abiétique, en mucilages et terpènes, surtout dans l’huile essentielle riche en acétate de bornyle, alpha et bêta-pinène et en limonène, entre autres.

Je vous propose deux documents pour découvrir les secrets du sapin baumier :

  • Un article sur le sapin baumier très complet de la Guilde des Herboristes  du Québec: sapinbaumier2015
  • Une vidéo des Âmes fleurs / le sapin baumier  et ses secrets.

 

Bonne lecture et bon visionnement

Laurence

 

Source : http://www.aliksir.com

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Un indice, au Québec je suis ….

Au Québec je suis le roi de la forêt.

Je suis considéré par les amérindiens ou premières nations  comme un véritable « arbre de vie « .

Qui suis je ? 🙂

Laurence

 

 

 

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Je suis un arbre de vie ….

Deuxième devinette de décembre.

Dans certains pays je suis un véritable  arbre de vie.

Qui suis je?

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Je suis l’écorce de cannelle dite de Ceylan

baton-de-cannelleDans le but de compliquer la vie à tous ceux qui cherchent à m’identifier, je dois me différencier de ma cousine de Chine qui présente les mêmes caractéristiques biologiques, moins actives, et qui est considérée comme le succédané de celle de Ceylan.

L’histoire de la cannelle :

Présente en ancienne Egypte, la cannelle était utilisée pour donner une odeur parfumée aux momies. Ses vertus médicinales ont été mentionnées dans le papyrus d’Ebers (1500 ans avant JC). Elle est mentionnée plusieurs fois dans la Bible pour l’apport bénéfique de ses fragrances. Les Arabes la considéraient comme une richesse commerciale et inventaient des légendes fantastiques pour conserver le monopole de ce marché. L’empereur romain Néron, se sentant coupable d’avoir fait assassiner son épouse Poppée, est supposé avoir saisi tous les stocks de cannelle de Rome et de les avoir fait brûler pendant une année.

Les croisades ont relancé le commerce des épices, puis au XVème siècle les grandes puissances européennes luttèrent pour obtenir des comptoirs d’épices en Inde. un monopole hollandais se créa et tenta d’améliorer les conditions de culture, de rehausser les prix des échanges, de cultiver des espèces provenant de falsifications … mais il cessa, en banqueroute, lors de la reprise des « vrais » cultures par les français : Un gouverneur français de l’île Maurice, Pierre Poivre, réussit en 1770 à voler des plants de cannelier et à les implanter sur l’île Maurice (dans le jardin des pamplemousses) et l’île de la Réunion.

Quelques précisions botaniques :

La cannelle est connue depuis plus de trois milles ans. Les deux espèces du genre du cannelier furent longtemps indifférenciées :

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Ø  Casse de Chine ou Kasia pour les Grecs, postérieurement identifiée en botanique sous le nom de Cinnamomum cassia Nees ou Cinnamomum aromaticum Nees.

Ø  Cannelle de Ceylan ou Kinnamon pour les Grecs, postérieurement identifiée en botanique sous le nom de Cinnamomum zeylanicum BLUME ou Cinnamomum verum Nees

 

 

Le cannelier de Ceylan Cinnamomum zeylanicum présente de nombreuses caractéristiques communes avec le cannelier de Chine Cinnamomum cassia. Certains critères tels que l’écorce plus foncée et les feuilles petites et étroites, des caractéristiques organoleptiques faibles chez celui de Chine qui n’est récolté que sporadiquement et localement.

Composition … de la vraie cannelle, celle de Ceylan :

L’écorce est composée d’huile essentielle (0,5-2,5%), de tanins condensés (oligomères procyanidiques : catéchine, épicatéchine …), des flavonoïdes (kaempférol, orientine, rutinosides …), des acides phénols (acide protocatéchuique, vanillique, gentisique …) d’oses et de polyols (mannitol, L-arabino-D-xylane), des mucilages (α-D-glucanes) et du β-sitostérol.

On peut distinguer les deux espèces de cannelle car le taux d’aldéhyde cinnamique de l’huile essentielle de cannelle de Ceylan se situe entre 65 et 80% tandis que celle de Chine avoisine les 90%, l’eugénol est présent (5-10%) dans l’huile essentielle de cannelle de Ceylan et en très faible quantité, voire absent dans celle de Chine.

Un dérivé phényl-propnique : l’acétate de cinnamyle est un marqueur de l’âge de l’arbre, avec 2% quand l’arbre est jeune, son taux diminue vers 0% au vieillissement du cannelier.

L’huile essentielle de feuilles est composée à 70-83% d’eugénol, de benzoate de benzyle, d’acétate d’eugényle, d’acétate et d’aldéhyde transcinnamique.

La présence d’eugénol, de benzoate de benzyle, d’α-humulène caractérisent la cannelle de Ceylan alors que l’α-humulène est absent dans celle de Chine qui par contre renferme de la coumarine absente dans celle de Ceylan.

Un remède traditionnel :

De nombreuses cultures ont adopté la cannelle comme un antidote à de nombreuses maladies. Certains placent deux gouttes d’huile essentielle sur un sucre pour traiter une gorge irritée, d’autres mélangent l’huile essentielle à une huile végétale, l’appliquent sur la tête pour traiter la gale et les poux. Deux pincées de cannelle dans un verre de lait peuvent stopper une diarrhée, un vin médicinal composé de 40g d’écorce de cannelle et de 30g d’écorce de quinquina, macérées dans un vin doux pendant 12 heures est un fortifiant qui permet de traiter les états de faiblesse …

La cannelle en aromathérapie :

L’huile essentielle de cannelle est très plébiscitée par les aromathérapeutes avec pour condition indispensable que les essences soient définies sur le plan production et traçabilité, biochimique et composition, absence d’adultération. L’usage de l’huile essentielle de cannelle demande une grande prudence chez les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées, les patients atteints de troubles cardiovasculaires. L’huile essentielle de cannelle de Ceylan est principalement utilisée pour son action antibactérienne, pour énergiser le métabolisme, augmenter la vitalité. Elle est souvent conseillée pour aider à la digestion, pour lutter contre l’épuisement nerveux, stimuler la circulation sanguine, diminuer les crampes menstruelles. Les aromathérapeutes préconisent de la diluer avec de l’ylang-ylang, de l’orange ou de la myrrhe.

Des propriétés biologiques :

Ø  Activité sur le système nerveux par l’intermédiaire de l’aldéhyde cinnamique qui entraîne un effet relaxant, précédé d’une période très courte d’augmentation de l’état d’éveil et de concentration.

Ø  Activité sur le système cardiovasculaire par l’intermédiaire de l’aldéhyde cinnamique qui provoque une libération de catécholamines, un relâchement des fibres du muscle lisse et une stimulation de la fréquence cardiaque.

Ø  Activité antispasmodique par l’intermédiaire de l’aldéhyde cinnamique qui diminue les spasmes digestifs, aide à protéger contre les inflammations gastriques. Des extraits éthanoliques d’écorce de cannelle semblent efficaces pour atténuer la multiplication de la bactérie Helicobacter pylori.

Ø  Activité antiinfectieuse des huiles essentielles d’écorce et de feuilles de cannelle de Ceylan : l’aldéhyde cinnamique présente dans l’huile essentielle d’écorce de cannelle est très active sur le plan antifongique (différents Aspergillus, Fusarium monoliforme …) et sur le plan bactérien (Streptococcus faecium, Escherichia coli, Pseudomonas aeruginosa, Staphylococcus aureus …). L’huile essentielle de feuilles de cannelle de Ceylan dont le composé majoritaire est l’eugénol est très active sur les germes buccaux, ce qui explique son intégration (parfois associée au clou de girofle) dans les dentifrices, chewing-gums, bains de bouches …

Ø  Activité insulinique provoquée par une molécule appelée méthylhydroxychalcone, qui potentialiserait l’utilisation du glucose sans la présence d’insuline. Cette hypothèse est venue après que des chercheurs aient remarqué que des diabétiques ayant mangé une tarte aux pommes contenant de la cannelle avaient malgré tout une glycémie stabilisée.

Ø  Activité antioxydante, autrement dit activité concernant la captation, chélation, destruction des radicaux libres oxygénés, molécules hautement réactives accélérant les processus de vieillissement cellulaire, d’altérations des membranes des cellules et de l’ADN. Cette action semble due à des composés phénoliques présents dans l’extrait aqueux de la poudre de cannelle de Ceylan.

Ø  Des activités possibles mais non suffisamment référencées qui concerneraient l’inhibition de l’angiogenèse, une protection anti thrombose, des effets immunomodulateurs …

Une utilisation dans l’industrie de la cosmétique et de la parfumerie :

Une senteur orientale pour faire caractériser un parfum, des propriétés tonifiantes, nourrissantes, hydratantes, chauffantes pour des produits d’hygiène cosmétique (produits pour la douche, le bain, shampoings), pour le démaquillage du visage et des yeux, pour l’hygiène bucco-dentaire et même dans des produits antisolaires !

Conservateur utilisé en agroalimentaire :

Cette utilisation permet d’argumenter sur la protection naturelle assurée par la cannelle de Ceylan contre des champignons ou des parasites. Elle est également une épice très suave et très prisée.

En conclusion, et au vu du nombre de brevets concernant cette épice, hormis odeur et saveur, la recherche d’activités médicinales est au top !

Cathy

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Des indices pour l’épice réchauffante et revigorante

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Je suis originaire d’Asie du Sud et du Sud-Est. Mes productions les plus importantes viennent du Sri Lanka, de Madagascar, de Malaisie, des Seychelles. J’ai une cousine en Chine, dont les caractéristiques organoleptiques et les propriétés médicinales sont beaucoup moins appréciées.

On m’emploie dans la cuisine dans toutes sortes de plats, autant des préparations sucrées que salées. On peut aussi m’additionner à des tisanes ou à des élixirs, des rhums arrangés,

Mes indications thérapeutiques sont : anémie, inappétence, atonie gastrique, grippe, fortifiant, asthénies fonctionnelles (favorise la prise de poids). L’huile essentielle possède des propriétés antimicrobiennes et fongicides.

Déjà dans l’Antiquité ma réputation de conservateur était connue puisqu’on m’utilisait pour les rites d’embaumement. Je faisais partie des aromatiques considérés comme ayant des fonctions religieuses, magiques, cosmétiques et aphrodisiaques.

Je proviens d’un arbre verdoyant, à feuilles persistantes, appartenant à la famille des lauracées. Mes feuilles vertes striées de sillons rougeâtres sont dures comme du cuir, mes fleurs sont petites et de couleur vert très pâle. On utilise pour mes différents usages l’écorce des arbres encore jeunes.

Cette écorce épaisse et rugueuse est au moment de la récolte enlevée des souches, rassemblée en petits fagots, et laissée fermenter pendant 24 heures. Les fermiers vont ensuite éplucher la fine couche externe de l’écorce qui se trouve en dessous. Un séchage de quelques jours va précéder la découpe en bâtonnets, petits tuyaux de couleur brun clair à l’odeur agréable et aromatique, à la saveur chaude, épicée, un peu sucrée et très parfumée.

Je dispose aussi d’une huile essentielle (0,5-1%) dont le principal composé de l’écorce (celui qui est responsable du goût et de l’odeur) est de l’aldéhyde cinnamique. Mes feuilles contiennent une huile essentielle très riche en eugénol, mes racines le camphre qui donne cette odeur si caractéristique.

Cathy

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