Raviver son feu grâce aux épices exotiques

« Les épices recèlent toutes de la magie, même celles qu’on verse d’une main distraite tous les jours dans sa marmite.« 

La maitresse des épices  Chitra Banerjee Divakaruni alias Tilo

Avant un long hiver glacialet humide, le manque de chaleur, de soleil souverain et de verdure fraîche infligent à beaucoup de semi-Nordiques une fatigue et une mélancolie, pires que jamais cette année.

Un des remèdes simples et sûrs est de faire bien plus de cuisine maison et d’y incorporer des plantes des régions éloignées du Sud, la plupart sont très aromatiques et goûteuses.

Nantis que nous sommes, nous connaissons une grande abondance matérielle et avons désormais accès aux végétaux du monde entier toute l’année. Les épices venues des antipodes en sont les meilleurs exemples.

La plupart génèrent aussi des huiles essentielles avec des vertus similaires mais pas identiques. Référez-vous à Laurence son dernier ouvrage et aussi à d’autres aromathérapeutes féru (e)s dans le domaine!

Les voyages des épices, une épopée multimillénaire

Il a plus de trois millénaires avant notre ère, les Chinois et les Indiens utilisaient déjà les épices pour se soigner, cuisiner et conserver les aliments. Plus tard, les Égyptiens, les Grecs et les Romains ont importé et cultivé de nouvelles espèces issus des pays conquis. Dix siècles après Alexandrie, Venise devint un comptoir important puis, dès la Renaissance, les épices furent le prétexte des explorations voire de guerres coloniales. Les expéditions portugaises, espagnoles, françaises puis britanniques ont eu comme enjeu les épices, parfois utilisées comme précieuses monnaie d’échange. II achetaient, ou pillaient parfois, et revendaient à prix fort les épices tropicales, devenues des enjeux de guerre. La cannelle, le gingembre, le clou de girofle et le poivre étaient les plus coûteuses et recherchées, entre autres à cause de leur fort pouvoir de conservation des aliments et leurs effets bactéricides.

Au XVIe ère siècle par exemple, une seule livre de gingembre en France équivalait au prix d’un esclave africain, quelle horreur! Ainsi, les épices valaient leur pesant d’or ou d’âme, et leur importation se faisaient au prix de plusieurs vies, quelle barbarie !

Rappelons aussi que le terme « épicier` `vient d’épices, un des produits précieux que la plupart de nos ancêtres agriculteurs allaient quérir avec d’autres raretés que la terre locale ne pouvait produire.

Désormais, l’Inde et Ceylan sont les premiers producteurs d’épices, avec près de 2 millions de tonnes produites par année, suivis de la Chine qui fournit autour de 20% de la consommation mondiale. La plupart des épices nécessitent un long temps d’ensoleillement et de chaleur, ce qui limite leur production à l’hémisphère sud.

On en importe de plus en plus, les meilleures sont évidemment celles certifiées bio, en graines ou leurs racines entières fraîches ou séchées, pilées ou moulues au mortier, juste avant l’emploi en cuisine ou comme remède.

Épices les plus renommées pour leur goût et leur efficacité

Apéritives, aromatiques, bactéricides, carminatives, digestives, diurétiques, galactagogues, pectorales, toniques ou révulsives, les épices font désormais partie de notre quotidien de la cuisine à l’armoire à pharmacie.

Si vous en achetez, que ce soit dans un magasin ou une herboristerie, qu’elles soient toujours certifiées bios, seuls gages de leur efficacité et garantis sans OGM ni irradiées, surtout en ce qui concerne les graines, un choix plus crucial que jamais!

Adjowan Trachyspermum amni

Graine très aromatique au goût de thym utilisée depuis des millénaires aux Indes comme antiputride et antiseptique intestinal. On l’utilisait aussi écrasé en cataplasme local, autant contre les douleurs arthritiques que les crises d’asthme. Son huile essentielle est un bactéricide puissant utilisé contre les infections aiguës, autant digestives ou pulmonaires car elle contient un haut taux de terpinéols et de thymol. Il accompagne à merveille les bouillis, potées et soupes riches en fibres et protéines et les rend plus digestes.

Anis étoilé Illicium verum

Ce fruit séché en forme d’étoile est aussi appelée badiane. Son goût nuancé et sucré rappelle la réglisse. L’anis est reconnu comme un carminatif ou anti-flatulent très doux mais efficace. C’est aussi un déodorant de l’haleine et un digestif efficace, surtout au niveau intestinal, on peut même en faire boire e en décoction légère dans de l’eau purifié, contre les coliques des bébés.

Cannelle : Cinamonnum zeylandicum

Cette écorce interne issue d’un petit arbre tropical est désormais utilisée dans le monde entier, surtout en poudre pour aromatiser les desserts.Elle cumule ces effets : aphrodisiaque, antiseptique, antidiabétique, déodorant, et carminative. De récentes découvertes prouvent ses effets hypoglycémiants. Son huile essentielle est puissamment bactéricide mais c’est une topique caustique donc à utiliser à la goutte ou en dilution dans l’huile. Utilisée dans les tartes, vin chaud, sangria et brioches, elle se boit aussi dans du cidre chaud, en décoction avec du miel, citron et gingembre contre la grippe et les gastros.

Cumin : Cuminum cyminum

Le cumin est une apiacée des prés, originaire de la Méditerranée, très utilisé dans les pains de seigle germaniques, sans compter les fromages gras comme notre mythique Munster alsacien!

Il est galactagogue ou galactogène car aide à la sécrétion lactée des nourrices et diminue les risques de coliques du bébé.

Riche en progestérone, c’est aussi une digestive, anti-gaz et surtout aphrodisiaque et pro-fertilisante. Il est également vermifuge et parasiticide, à cet effet, en faire des décoctions, atténuées à l’anis vert et/ou au fenouil, à raison d’une cuillère à café pour 500ml d’eau, bue durant 10 jours, l’estomac vide de préférence. À ajouter aux pains maisons, aux soupes- repas et aux plats de légumineuses.

Cardamome : Eletteria cardamomum

Serties par dizaines dans une petite capsule, les graines de cardamome verte sont les plus aromatiques et agréables à croquer pour désinfecter la bouche ou rafraîchir l’haleine. Originaire du Moyen-Orient, on l’utilise infuser dans le café ou ajouté au tajine et à certains desserts.

La cardamome a des propriétés aphrodisiaques et euphorisantes, souvent en lien, mais elle est également digestive et tonique.

Curcuma : Curcuma longa

Des recherches de plus en plus poussées démontrent ses effets antioxydants et lipotropiques indéniables. C’est un anti-cholestérol, anti-inflammatoire, cholagogue qui préviendrait ou retarderait même les méfaits de l’Alzheimer et de la maladie de Crohn. On conseille d’en consommer une cuillère à thé par jour, combiné au cinquième de poivre noir et dans l’équivalent d’une cuillère à table d’huile d’olive. Avec les épices séchées, on peut en préparer le mélange d’avance et l’ajouter aux salades, soupes et potées…

Sa racine fraîche, désormais facile à trouver dans les magasins exotiques et naturels, est la plus aromatique et efficace. Attention! Son pigment jaune colore tout ce qu’il touche, dents et comptoir compris.

Précision : Le terme `curry«  vient du Tamoul `kuri` originaire de Ceylan et signifie : sauce. Les ingrédients de base en étaient : le curcuma, la coriandre et le cumin, fraîchement moulus ou écrasés au mortier, cela va de soi!

Il en existe désormais des centaines de variantes …

Galanga : Alpinia officinarum Cette autre zinzimberacée est originaire d’Indonésie et très utilisée dans les cuisines asiatiques du sud.

On l’appelle aussi le gingembre bleu, Sa racine plus pâle est ligneuse, au goût très piquant et aromatique. S’ajoute râpé dans les mijotés ou soupe, sinon pris en décoction contre les bronchites ou indigestions.

Gingembre : Zinziber officinale

Originaire du sud des Indes et de la Chine, ce rhizome aromatique et piquant est utilisé depuis la nuit des temps. On en fait des bonbons, des sirops, de la limonade, on l’utilise fraîchement râpé dans nombre de plats exotiques, sinon en poudre ou décoction simple contre la nausée.

En cataplasme, dilué dans de l’huile de lin par exemple, c’est un révulsif utile contre les bronchites à mucus ou encore les furoncles.

Aujourd’hui, on le cultive partout dans les Tropiques : de l’Australie à Afrique, de la Jamaïque à la Chine et même sous nos cieux, il pousse lentement mais sûrement dans les serres ou derrière une baie vitrée plein sud.

Il se conserve un mois au frigidaire dans un sac de papier, ou même gardé congelé, mais il faut lui éviter l’humidité sinon il moisit rapidement.

Girofle : Zyzigium aromaticum

Ce bouton floral est issu d’un arbre de quinze ans poussant à l’origine seulement dans les Molluques et autres iles subtropicales où on l’utilise depuis la nuit des temps en cuisine et en médecine et où le fume, mélangé au tabac.

Il contient de nombreuses sortes d’huiles essentielles analgésiques, bactéricides, antifongiques et parasiticides.

Ajouté en fin de cuisson, il aide à mieux digérer les viandes mais se boit également en décoction pour éviter les ballonnements. Son huile essentielle est toujours employée en dentisterie comme antiseptique, surtout grâce à l’eugénol qu’il contient. On le trouve toujours en pharmacie pour soulager les maux de dents. La teinture-mère de girofle est combiné à l’armoise et au noyer noir dans plusieurs formules pour combattre le candida albicans et plusieurs parasites.

Décoction hivernale réconfortante

Pour 500 ml d’eau

-2 étoiles d’anis,

-10 grammes de racines de gingembre

-Trois clous de girofle

-Écorce finement pelée d’une orange bio

Faire bouillir le tout durant 5 minutes, laisser macérer 10 minutes.

Filtrer et boire chaud ou froid, en cure avant les repas, comme digestif après

-Si désiré, ajouter du miel local au gout

En boire 2-3 tasses par jour pour faciliter la digestion, activer la circulation périphérique et pourquoi pas? Réchauffer nos sens.

Fenouil : Foeniculum vulgare

Ses douces graines concentrent des huiles essentielles (anéthol, fenchène…) digestives et désodorisantes, autant pour l’haleine que la sueur, sans oublier les indésirables vents intestinaux.

Le fenouil est aussi reconnu comme puissant diurétique et comme pectoral souvent présent dans les formules antitussives.

Fenugrec : Trigonella faenum graecum

C’est une légumineuse ou brassicacée très riche en protéines qu’on cultive comme fourrage dans nombre de pays méditerranéens.

On le consomme habituellement germé comme crudité dans les salades ou sandwiches. Les graines sont si dures qu’il faut absolument les faire tremper minutes avant de les consommer en décoction deux à trois fois par jour. Le fenugrec a aussi un effet régulateur du taux de sucre donc indiqué dans les faiblesses reliées au pancréas. Il soulage la bronchite et tonifie les muscles respiratoires. Ses effets sont galactagogues et aident même à augmenter le volume des seins sans qu’on soit enceinte. Seule restriction :  antécédents de cancers hormono-dépendants. Aussi, consommé régulièrement, le fenugrec donne une étrange odeur au lait maternel et à la sueur.

Muscade : Myristica fragrans

Ce fruit ovale issu du muscadier, autre arbre tropical haut de dix à quinze mètres de la famille des Myristicacées est utilisé en cuisine pour son arôme suave. On emploi le plus souvent sa noix fraîche râpée au dernier moment sinon son écorce le macis, plus doux au goût. On l’emploie dans les ragoûts, mijotés, soupes ou purées.

La muscade est reconnue comme digestive mais aussi comme un aphrodisiaque stimulant des surrénales et des glandes surtout chez les hommes, vu son analogie avec leurs nobles attributs…Elle contient de la myristicine, des pinènes de tous types et du safrol. En haute dose (10 grammes), elle accélère les battements cardiaques, serait hallucinogène mais est rapidement vomitive en même temps, comme bien des plantes, rarement mortelles…

Nigelle  Nigella damascena ou sativa :

Aussi appelé cumin noir, on extrait son huile très précieuse et coûteuse pour soigner les maladies de peau, plaies et rides sévères. On en a même retrouvé des flacons dans les cryptes de Cléopâtre et  Néfertiti!

On peut l’acheter en graines à ajouter dans les mijotés et soupes riches en protéines ou fibres. Plusieurs gâteaux et pains arabes en contiennent et pour les Musulmans c’est une graine sacrée très recommandée par Avicenne, entre autres…On en trouve également comme suppléments en capsules pour combattre les allergies sévères.

Sa fleur bleu tendre -ou de cultivars blancs ou rosés, est facile à cultiver ici. En élixir, elle soigne le manque de confiance en soi et la propension à se dénigrer, en aidant à s’épanouir par sa propre créativité.

Poivres noir, blanc etc. Piper nigrum et spp.

Originaire du sud-ouest de l’Inde et de Ceylan, le poivre vert vient soit des fruits cueillis immatures, le blanc vient de ceux trempés huit jours et, le noir des fruits mûrs séchés. Ses vertus sont nombreuses : aphrodisiaques, antioxydant, bactéricide (estomac, plaies), décongestionnant des sinus et broncho-dilatateur, parasiticide. Actuellement on l’étudie pour sa pipérine aux vertus anti Alzheimer et même anticancéreuses, combiné à l’huile d’olive et au curcuma, comme l’a prouvé le Docteur Richard Béliveau.

En conclusion :  Avec l’un et l’autre de ces délicieux condiments, chargés du soleil de l’extrême sud, parsemées çà et là sous diverses formes et recettes dans votre assiette, votre hiver n’en sera que plus aromatique et piquant et, finalement, plus réjouissant!

Anny Schneider, Autrice et herboriste-thérapeute accréditée

Infos : annyschneider.com

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Huile essentielle de Myrte vert

Une de mes préférées des Huiles essentielles du terroir corse

Bonne lecture

Sophie

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Sortie officielle du livre le 9 novembre 2020

9 novembre 2020

J’attendais ce jour avec tant d’impatience,  non seulement la publication du livre « L’aromathérapie et ses alliés naturels » co écrit avec Claudie Bourry, mais ce moment où j’aurais pu rencontrer mes futurs lecteurs durant ces séances de dédicaces prévues dans les librairies, FNAC, Cultura etc.

C’eût été des moments forts gratifiants, car ces séances de dédicaces nous aurait permis non seulement de rencontrer les personnes mais aussi d’échanger avec ceux/celles qui pensent que se soigner au naturel est possible et important

Après plusieurs mois de confinement, une sortie repoussée et des mesures sanitaires qui ont rendu impossible la tenue des dédicaces ou des grands salons,  je suis tout de même ravie de vous le présenter un tout petit peu dans ce court vidéo.

Une excellente idée de cadeau pour Noël, en espérant que les « alliés naturels » des huiles essentielles comme les plantes, les bourgeons ou les produits de la ruche  vous aideront à passer au travers de cette année difficile.

Les librairies sont toujours fermées mais plusieurs proposent un service clic-collect c’est-à-dire; vous passer commande sur internet et aller retirer vos livres directement à la porte de la boutique.

Vous pouvez également commander le livre directement à moi via conseilsphytoaroma@gmail.com   

Je posterai avec plaisir une ou plusieurs copies du livre personnalisé d’une dédicace à distance.

Merci à ceux/celles qui ont déjà passé leurs commandes et un grand merci surtout pour vos commentaires qui me vont droit au cœur et me confortent que ce livre vous permettra de devenir des acteurs/trices de VOTRE santé au naturel.

Que ce guide pratique devienne votre livre de chevet, que celui-ci, même après l’avoir lu, soit toujours à disposition.

Merci à tous pour vos mots d’encouragement et tout particulièrement à Claudie de m’avoir embarquer dans cette aventure .

Laurence

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Le livre “ L’Aromathérapie et ses alliés naturels »

La sortie en librairie est prévue pour le 9 novembre, malheureusement les librairies sont fermées suite au confinement.

Alors si vous voulez un exemplaire dédicacé, n’hésitez pas à le commander en m’écrivant par e mail : conseilsphytoaroma@gmail.com

Bonne lecture

Laurence

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Huile essentielle de Cannelle de Ceylan ( écorce)

Une huile essentielle chaude et réconfortante

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Règles de base de l’herboristerie appliquée

« Plus tu as besoin de la nature, mieux tu apprends à la connaître et à l’employer judicieusement »

Adage populaire

Rappel des rudiments et évidences…

Rebonjour, voici un autre aperçu de ma vision simple de l’herboristerie traditionnelle telle que je l’ai apprise et pratiquée depuis 40 ans.

À vous de faire la part des choses et de vérifier avec vos propres expériences et votre bon jugement. Les modèles inspirants et abondance de plantes ne manquant pas dans votre si joli pays à la flore si diversifiée, sont à utiliser plus que jamais à la veille de l’hiver et en ces temps si tourmentés !

 1) Qu’est-ce que l’herboristerie ?

C’est un art de guérir millénaire, accessible et économique, transmis et utilisé en priorité pour soigner dans le monde entier, surtout dans l’hémisphère sud, et encore aujourd’hui employé par quatre individus sur cinq, sous une forme ou une autre…

L’herboristerie est en lien avec tous les domaines vitaux de l’existence humaine : l’agriculture, la culture, la biologie, la botanique, la diététique, l’écologie, l’éducation, l’éthique, l’histoire, la médecine, la philosophie, la politique et même la spiritualité. Comme disait ce cher JHW von Goethe : «  Il n’existe rien dans la nature qui ne soit en relation avec le Tout. `

2) Qu’est-ce qu’un herboriste professionnel au Canada?

C’est une personne qualifiée par des années d’études et d’expérience, qui connaît intimement les plantes médicinales, qui sait les reconnaître, les recommander, les transformer et les utiliser adéquatement, contrairement à la France où le diplôme d’herboriste a été supprimé depuis la dernière guerre mondiale.

 

Au Canada, un herboriste thérapeute accrédité doit avoir à son actif au moins quatre ans d’études dans le domaine et deux années de suivis cliniques pour être accréditée par des formateurs d’expérience lors d’un long examen écrit et oral.

La Guilde des herboristes du Québec est une association active depuis 25 ans, non commerciale ni partisane, qui regroupe 400 herboristes de tous les horizons à travers toute la province et même d’autres contrées francophones. En fait, vu la carence de médecins et la prudence des herboristes, la profession est tolérée mais pas encore reconnue dans les faits.

Notre but est d’informer la population sur les plantes médicinales et de guider les intéressés vers une formation connexe ou encore un herboriste compétent de votre région.

Infos :  www. guildedesherboristes.org

Règles pratiques, simples et très concrètes sur le bon usage des plantes qui soignent

Premièrement : Comment et quand cueillir les plantes ?

Chacune en son temps propice, et pour cela il faut les connaître individuellement, mais les plantes se cueillent toujours une journée ensoleillée, après que la rosée a séché, vers 10-12 heures, chaque partie au bon moment.

Les bourgeons, écorces, gommes et résines se cueillent tôt au printemps, durant la montée de la sève.

Les feuilles se cueillent dès leur apparition, sélectivement, celles des extrémités supérieures en premier. Les fleurs sont sélectionnées les journées sèches, autour du zénith, juste avant leur éclosion totale. Les fruits se cueillent mûris à point au soleil, au plus beau de leur couleur et saveur. Les graines se grappillent quand elles se détachent et se donnent d’elles-mêmes, déjà prêtes à se reproduire ou à sommeiller sous terre jusqu’au printemps revitalisant.

La plupart des racines se déterrent en automne, quand l’essentiel des parties aériennes a disparu ou éventuellement tôt au printemps avant la montée de la sève.

Comme me l’a enseigné ma mentor Danièle Laberge : « Pour prétendre bien connaître une plante, il faut l’avoir connue et observée durant toute sa croissance, de la graine à la graine. « 

Comment utiliser au mieux et en toute saison les végétaux médicinaux ?

Pas si sorcier (ière) que ça !

Par ordre d’efficacité et d’accessibilité

* La plante fraîche : directement cueillie en nature ou au jardin, mâchée telle quelle sur place, sinon rincée et préparée en jus, en salade, en trempette, sauce froide ou en salade, pour garder le maximum de vitalité et de vitamines. S’applique surtout aux feuilles les plus douces et tendres, au printemps (chiendent, pissenlit, plantain, oseille, patience etc.)

 

*En décoction (de l’anglais de-cook) : Prendre la partie active de la plante fraîchement cueillie, la rincer et l’immerger dans l’eau froide et laisser mijoter à feu doux 3-4 mn, laisser infuser 5 mn et filtrer.

Aussi, de laisser préalablement tremper, avant ou après la brève ébullition, surtout les écorces, racines hors saison et même les feuilles coriaces, abrégera le temps de cuisson. Ce procédé est surtout utile à rompre la barrière de cellulose ou lignine et augmentera arômes, enzymes, vitamines et autres antioxydants.

N’ayant pas les quatre panses des herbivores-ruminants, il nous fallait trouver des stratagèmes pour mieux assimiler et digérer les plantes et leur nutriment.

Quoi qu’en disent les crudivores, la maîtrise du feu a prolongé notre espérance de vie !

* L’infusion ou tisane, procédé le plus connu, est faite avec la plante bien séchée, d’une à trois semaines, à l’abri de la lumière, accrochée en bouquets dans un sac de papier kraft, ou retournée régulièrement, étalée sur un linge propre ou du papier uni.

 La plante séchée doit être conservée dans un pot de verre étiqueté, à l’abri de la lumière.

Une tisane se fait avec l’équivalent d’une cuillère à thé rase de la plante séchée, exception faite pour les graines, racines, celles riches en alcaloïdes et les amères, plus concentrées en principes actifs.

Les plantes sèches se gardent un an et se récoltent chaque année, comme le Bon Dieu et Mère Nature nous les offrent. Ainsi, au cœur de l’hiver, vous dégusterez avec bonheur vos bonnes infusions de plantes récoltées l’été de la même année, ramassées au jardin ou dans le pré. Évidemment les plus fraîches, entières et aromatiques seront les plus goûteuses et les plus efficaces.

Si vous vous êtes raté celles de la belle saison chaude, achetez-les en vrac à votre magasin d’aliments naturels, certifiées bio et si possible issues de la province. Une théière et une passoire sont des accessoires essentiels mais bien investis, les sachets (blanchis au chlore) étant souvent faits de poudre d’herbes importées, dévitalisées et irradiées, et reviennent cinq fois plus cher que les plantes en vrac.

Une bonne idée cadeau pour les fêtes : achetez ou mieux cueillez et séchez de bonnes plantes bio, faites un mélange approprié présenté dans un joli pot de verre avec étiquette colorée et personnalisée, la plupart des personnes vont apprécier la qualité ainsi que les effets bienfaisants.

* Les huiles médicinales se font comme les teintures-mères, sauf que le solvant est une huile (Canola, olive, sésame, bio bien sûr,) et qu’on utilise en général les plantes séchées (sauf pour les fleurs de calendule, millepertuis, roses…). Macérées et filtrées au bout d’un mois, on peut solidifier l’huile sous forme d’onguent ou cérat, en la diluant dans 1/5 du volume de cire d’abeille chauffée au bain-marie. 

Pour en prolonger la conservation, ajouter quelques gouttes d’huile essentielle durant l’émulsion, qu’on versera dans de petits pots de verre teinté avant de les étiqueter une fois refroidis.

* La teinture-mère : Cueillir sélectivement et soigneusement les parties actives de la plante par temps sec, au besoin ébrancher et les couvrir du double du solvant choisi.

Les broyer grossièrement (30 secondes dans un bon hachoir ou robot, plus longtemps dans le traditionnel mortier. Laisser macérer durant un mois (ou une lune) dans un pot Masson avec un couvercle de plastique alimentaire. Il est important d’étiqueter le pot et d’ajouter le nom de la plante, l’endroit et la date de la cueillette. Remuer aux deux jours, surtout au début, pour éviter que les plantes ne surnagent et ne s’oxydent. Filtrer soigneusement, sans trop presser les plantes, dans une fine passoire de plastique ou un coton à fromage. Rincer le pot à l’eau bouillante et remettre le liquide filtré dans le même pot qui se garde dans une pièce sèche, à l’abri de la lumière, dans un placard.

En consommer en cure périodique de 10 jours à un mois, 10 gouttes 3 x par jour dans 1/2 verre d’eau en cure classique, avant les repas ou en crise de 3 à 5 gouttes à l’heure, selon l’âge et l’affection à traiter.

Question classique : quelles sont les différences entre les solvants ?

* Le vinaigre de cidre de pomme biologique extrait le mieux les alcaloïdes, tanins et minéraux et alcalinise tous les systèmes et n’irrite pas le foie (hélas, déclaré illégal pour le commerce par Santé-Canada car pas assez stable !)

* Le vin blanc sec extrait bien les vitamines, enzymes, flavonoïdes, mucilages et les vitamines hydrosolubles.

* L’alcool blanc (gin, vodka, alcools de grains de 40 à 90%) solubilise mieux les vitamines liposolubles, les huiles essentielles et les tanins, mais neutralise les enzymes et anthocyanines.

En général, les teintures-mères au vinaigre et au vin restent actives de 2 à 3 ans, celles préparées dans l’alcool jusqu’à cinq ans.

Bon constat néanmoins : la plupart des principes actifs des plantes sont hydrosolubles, même dans la salive, donc vive les jus, salades, décoctions et infusions, néanmoins avalées l’estomac vide, pour mieux se diffuser dans tous les organes et circuits via nos intestins !

onguent maison

Attention : Ceci constitue un résumé simplifié des règles générales et l’herboristerie traditionnelle, chaque plante ayant ses spécificités et chaque herboriste ses recettes. 

Les plus précises, les galéniques familières aux pharmaciens, sont celles où on spécifie les ratios au gramme par centilitre, les plus empiriques se mesurent au volume (poignée, pincée, tasse …), mais ne sont pas non plus toujours fausses ou dangereuses. Un bon guide et l’expérience vous aideront à bien doser.

Les plantes médicinales peuvent également s’employer en cuisine comme aromate d’assaisonnement, bouillon, consommé, potage, sauce, sel aux herbes, en pastilles, en sirop etc. Pour l’usage externe : en concentré dans le bain, en compresses, en dentifrice, en poudre, en lotions, en encens, en huile essentielle et/ou végétale aux herbes, en pastilles, en sirop et même en lavement !

Pour aller plus loin dans l’exploration de ce vaste domaine si fourni, si fleuri….

Évidemment, pour approfondir ses connaissances et expériences, parfois dosé à la graine ou au milligramme près, informez-vous plus avant. C’est facile, surtout en nos pays nantis où cette science est facilement accessible par les livres, et il en existe des milliers sur le sujet, les infos sur le web ou mieux encore, dans un cours pratique ou une formation appropriée avec un (e) ou des herboristes phytothérapeutes d’expérience !

Assurément, si elles sont bien élevées, cueillies, choisies et adéquatement utilisées par des herboristes ou herbologues-philes, amateurs mais consciencieux, les plantes ont depuis toujours et à jamais, des effets salutaires pour notre santé et nos vies.

C’est Anny Schneider, autrice et herboriste d’expérience, qui l’affirme, l’écrit et le répète sans s’éssoufler !

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Un nouveau livre de réfèrence en aromathérapie

Comme je vous l’ai annoncé la semaine dernière, le livre «  l’Aromathérapie est ses alliés naturels » sortira en librairie le 9 novembre.

Pour le commander avant sa sortie en librairie, contactez moi par e mail conseilsphytoaroma@gmail.com ou aller sur la page du site “ livre des auteurs “

Pour vous donner envie de lire, voici un extrait du communiqué de Presse des éditions Terran.

Ce guide pratique vous donnera les moyens de comprendre et d’utiliser efficacement et en toute sécurité les huiles essentielles, les plantes médicinales, les bourgeons et les produits de la ruche, associés ou non aux médicaments de synthèse. Il s’adresse aux particuliers souhaitant par une approche simple étendre leurs connaissances, et aux professionnels et étudiants du monde médical recherchant un conseil précis clé en mains en aroma-api-phyto et gemmothérapies.

Les auteures proposent des outils afin que vous vous les appropriiez pour vous permettre de vivre en bonne santé. Elles mettent à votre disposition :

– Des fiches conseils pour plus de 100 pathologies du quotidien, détaillées et pertinentes.

– Des fiches pour 60 huiles essentielles, leur chimie et leurs activités sous forme de schémas, des aromabox indispensables pour traiter au plus vite.

Les points forts :

Un livre de référence en aromathérapie et ses alliés naturels : plantes médicinales, bourgeons, produits de la ruche. 

Des conseils pratiques sous forme de fiches complètes, didactiques, précises et compréhensibles pour tous.

Des descriptions complètes d’huiles essentielles courantes, un tableau-résumé des actions de chacune.

Préface du docteur Jean-Michel Morel

Les auteures :

Pharmacienne en officine puis experte en phyto-aromathérapie depuis une quinzaine d’années, Claudie Bourry est chargée de cours aux facultés de pharmacie de Toulouse et Limoges auprès des quatrièmes années et des étudiants en DU de phytothérapie. Elle a enseigné à l’École lyonnaise des plantes et à l’EIBE, et anime des stages de rando florale associée à des ateliers phyto-, aroma-, gemmo- et apithérapie.

Docteure en pharmacie, herboriste depuis plus de trente ans, experte en aromathérapie, Laurence Lebrun partage sa passion pour les plantes médicinales et les huiles essentielles auprès du grand public en donnant des conférences, des ateliers et des articles sur le blog http://www.conseilsphytoaroma.com

Bonne lecture

Laurence

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Ça y est il vient d’arriver

Enfin je l’ai dans les mains, il est magnifique, je suis comblée. Contactez moi en message privé pour le commander.

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GESTION DU STRESS : Ho’Oponopono et Aromathérapie

 

Apprenez à gérer votre stress lors d’un atelier pratique qui se tiendra à Die samedi le 17 octobre.  Possiblement… reporté à une date ultérieure! 

Annulé à cause des nouvelles mesures restrictives COVID

En ces temps anxiogènes et perturbés, une belle occasion pour se relaxer et retrouver un peu de zénitude.

Venez nombreux, on vous attends.

Laurence et Diane

 

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Ça s’en vient …

Non, non pas la deuxième vague comme nous l’entendons à longueur de journée par les médias, mais la première impression du livre sur l’Aromathérapie et ses alliés naturels que mon amie Claudie Bourry et moi même avons écrit à 4 mains.

Pour en savoir un peu plus voici le communiqué de presse et vous donner envie de le découvrir.

Pour les précommandes de livres dédicacés, écrivez moi sur mon e mail : conseilsphytoaroma@gmail.com

Je vous donnerai plus de détails concernant le prix de vente et les frais de port

Merci

Laurence

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