Règles de base de l’herboristerie appliquée

« Plus tu as besoin de la nature, mieux tu apprends à la connaître et à l’employer judicieusement »

Adage populaire

Rappel des rudiments et évidences…

Rebonjour, voici un autre aperçu de ma vision simple de l’herboristerie traditionnelle telle que je l’ai apprise et pratiquée depuis 40 ans.

À vous de faire la part des choses et de vérifier avec vos propres expériences et votre bon jugement. Les modèles inspirants et abondance de plantes ne manquant pas dans votre si joli pays à la flore si diversifiée, sont à utiliser plus que jamais à la veille de l’hiver et en ces temps si tourmentés !

 1) Qu’est-ce que l’herboristerie ?

C’est un art de guérir millénaire, accessible et économique, transmis et utilisé en priorité pour soigner dans le monde entier, surtout dans l’hémisphère sud, et encore aujourd’hui employé par quatre individus sur cinq, sous une forme ou une autre…

L’herboristerie est en lien avec tous les domaines vitaux de l’existence humaine : l’agriculture, la culture, la biologie, la botanique, la diététique, l’écologie, l’éducation, l’éthique, l’histoire, la médecine, la philosophie, la politique et même la spiritualité. Comme disait ce cher JHW von Goethe : «  Il n’existe rien dans la nature qui ne soit en relation avec le Tout. `

2) Qu’est-ce qu’un herboriste professionnel au Canada?

C’est une personne qualifiée par des années d’études et d’expérience, qui connaît intimement les plantes médicinales, qui sait les reconnaître, les recommander, les transformer et les utiliser adéquatement, contrairement à la France où le diplôme d’herboriste a été supprimé depuis la dernière guerre mondiale.

 

Au Canada, un herboriste thérapeute accrédité doit avoir à son actif au moins quatre ans d’études dans le domaine et deux années de suivis cliniques pour être accréditée par des formateurs d’expérience lors d’un long examen écrit et oral.

La Guilde des herboristes du Québec est une association active depuis 25 ans, non commerciale ni partisane, qui regroupe 400 herboristes de tous les horizons à travers toute la province et même d’autres contrées francophones. En fait, vu la carence de médecins et la prudence des herboristes, la profession est tolérée mais pas encore reconnue dans les faits.

Notre but est d’informer la population sur les plantes médicinales et de guider les intéressés vers une formation connexe ou encore un herboriste compétent de votre région.

Infos :  www. guildedesherboristes.org

Règles pratiques, simples et très concrètes sur le bon usage des plantes qui soignent

Premièrement : Comment et quand cueillir les plantes ?

Chacune en son temps propice, et pour cela il faut les connaître individuellement, mais les plantes se cueillent toujours une journée ensoleillée, après que la rosée a séché, vers 10-12 heures, chaque partie au bon moment.

Les bourgeons, écorces, gommes et résines se cueillent tôt au printemps, durant la montée de la sève.

Les feuilles se cueillent dès leur apparition, sélectivement, celles des extrémités supérieures en premier. Les fleurs sont sélectionnées les journées sèches, autour du zénith, juste avant leur éclosion totale. Les fruits se cueillent mûris à point au soleil, au plus beau de leur couleur et saveur. Les graines se grappillent quand elles se détachent et se donnent d’elles-mêmes, déjà prêtes à se reproduire ou à sommeiller sous terre jusqu’au printemps revitalisant.

La plupart des racines se déterrent en automne, quand l’essentiel des parties aériennes a disparu ou éventuellement tôt au printemps avant la montée de la sève.

Comme me l’a enseigné ma mentor Danièle Laberge : « Pour prétendre bien connaître une plante, il faut l’avoir connue et observée durant toute sa croissance, de la graine à la graine. « 

Comment utiliser au mieux et en toute saison les végétaux médicinaux ?

Pas si sorcier (ière) que ça !

Par ordre d’efficacité et d’accessibilité

* La plante fraîche : directement cueillie en nature ou au jardin, mâchée telle quelle sur place, sinon rincée et préparée en jus, en salade, en trempette, sauce froide ou en salade, pour garder le maximum de vitalité et de vitamines. S’applique surtout aux feuilles les plus douces et tendres, au printemps (chiendent, pissenlit, plantain, oseille, patience etc.)

 

*En décoction (de l’anglais de-cook) : Prendre la partie active de la plante fraîchement cueillie, la rincer et l’immerger dans l’eau froide et laisser mijoter à feu doux 3-4 mn, laisser infuser 5 mn et filtrer.

Aussi, de laisser préalablement tremper, avant ou après la brève ébullition, surtout les écorces, racines hors saison et même les feuilles coriaces, abrégera le temps de cuisson. Ce procédé est surtout utile à rompre la barrière de cellulose ou lignine et augmentera arômes, enzymes, vitamines et autres antioxydants.

N’ayant pas les quatre panses des herbivores-ruminants, il nous fallait trouver des stratagèmes pour mieux assimiler et digérer les plantes et leur nutriment.

Quoi qu’en disent les crudivores, la maîtrise du feu a prolongé notre espérance de vie !

* L’infusion ou tisane, procédé le plus connu, est faite avec la plante bien séchée, d’une à trois semaines, à l’abri de la lumière, accrochée en bouquets dans un sac de papier kraft, ou retournée régulièrement, étalée sur un linge propre ou du papier uni.

 La plante séchée doit être conservée dans un pot de verre étiqueté, à l’abri de la lumière.

Une tisane se fait avec l’équivalent d’une cuillère à thé rase de la plante séchée, exception faite pour les graines, racines, celles riches en alcaloïdes et les amères, plus concentrées en principes actifs.

Les plantes sèches se gardent un an et se récoltent chaque année, comme le Bon Dieu et Mère Nature nous les offrent. Ainsi, au cœur de l’hiver, vous dégusterez avec bonheur vos bonnes infusions de plantes récoltées l’été de la même année, ramassées au jardin ou dans le pré. Évidemment les plus fraîches, entières et aromatiques seront les plus goûteuses et les plus efficaces.

Si vous vous êtes raté celles de la belle saison chaude, achetez-les en vrac à votre magasin d’aliments naturels, certifiées bio et si possible issues de la province. Une théière et une passoire sont des accessoires essentiels mais bien investis, les sachets (blanchis au chlore) étant souvent faits de poudre d’herbes importées, dévitalisées et irradiées, et reviennent cinq fois plus cher que les plantes en vrac.

Une bonne idée cadeau pour les fêtes : achetez ou mieux cueillez et séchez de bonnes plantes bio, faites un mélange approprié présenté dans un joli pot de verre avec étiquette colorée et personnalisée, la plupart des personnes vont apprécier la qualité ainsi que les effets bienfaisants.

* Les huiles médicinales se font comme les teintures-mères, sauf que le solvant est une huile (Canola, olive, sésame, bio bien sûr,) et qu’on utilise en général les plantes séchées (sauf pour les fleurs de calendule, millepertuis, roses…). Macérées et filtrées au bout d’un mois, on peut solidifier l’huile sous forme d’onguent ou cérat, en la diluant dans 1/5 du volume de cire d’abeille chauffée au bain-marie. 

Pour en prolonger la conservation, ajouter quelques gouttes d’huile essentielle durant l’émulsion, qu’on versera dans de petits pots de verre teinté avant de les étiqueter une fois refroidis.

* La teinture-mère : Cueillir sélectivement et soigneusement les parties actives de la plante par temps sec, au besoin ébrancher et les couvrir du double du solvant choisi.

Les broyer grossièrement (30 secondes dans un bon hachoir ou robot, plus longtemps dans le traditionnel mortier. Laisser macérer durant un mois (ou une lune) dans un pot Masson avec un couvercle de plastique alimentaire. Il est important d’étiqueter le pot et d’ajouter le nom de la plante, l’endroit et la date de la cueillette. Remuer aux deux jours, surtout au début, pour éviter que les plantes ne surnagent et ne s’oxydent. Filtrer soigneusement, sans trop presser les plantes, dans une fine passoire de plastique ou un coton à fromage. Rincer le pot à l’eau bouillante et remettre le liquide filtré dans le même pot qui se garde dans une pièce sèche, à l’abri de la lumière, dans un placard.

En consommer en cure périodique de 10 jours à un mois, 10 gouttes 3 x par jour dans 1/2 verre d’eau en cure classique, avant les repas ou en crise de 3 à 5 gouttes à l’heure, selon l’âge et l’affection à traiter.

Question classique : quelles sont les différences entre les solvants ?

* Le vinaigre de cidre de pomme biologique extrait le mieux les alcaloïdes, tanins et minéraux et alcalinise tous les systèmes et n’irrite pas le foie (hélas, déclaré illégal pour le commerce par Santé-Canada car pas assez stable !)

* Le vin blanc sec extrait bien les vitamines, enzymes, flavonoïdes, mucilages et les vitamines hydrosolubles.

* L’alcool blanc (gin, vodka, alcools de grains de 40 à 90%) solubilise mieux les vitamines liposolubles, les huiles essentielles et les tanins, mais neutralise les enzymes et anthocyanines.

En général, les teintures-mères au vinaigre et au vin restent actives de 2 à 3 ans, celles préparées dans l’alcool jusqu’à cinq ans.

Bon constat néanmoins : la plupart des principes actifs des plantes sont hydrosolubles, même dans la salive, donc vive les jus, salades, décoctions et infusions, néanmoins avalées l’estomac vide, pour mieux se diffuser dans tous les organes et circuits via nos intestins !

onguent maison

Attention : Ceci constitue un résumé simplifié des règles générales et l’herboristerie traditionnelle, chaque plante ayant ses spécificités et chaque herboriste ses recettes. 

Les plus précises, les galéniques familières aux pharmaciens, sont celles où on spécifie les ratios au gramme par centilitre, les plus empiriques se mesurent au volume (poignée, pincée, tasse …), mais ne sont pas non plus toujours fausses ou dangereuses. Un bon guide et l’expérience vous aideront à bien doser.

Les plantes médicinales peuvent également s’employer en cuisine comme aromate d’assaisonnement, bouillon, consommé, potage, sauce, sel aux herbes, en pastilles, en sirop etc. Pour l’usage externe : en concentré dans le bain, en compresses, en dentifrice, en poudre, en lotions, en encens, en huile essentielle et/ou végétale aux herbes, en pastilles, en sirop et même en lavement !

Pour aller plus loin dans l’exploration de ce vaste domaine si fourni, si fleuri….

Évidemment, pour approfondir ses connaissances et expériences, parfois dosé à la graine ou au milligramme près, informez-vous plus avant. C’est facile, surtout en nos pays nantis où cette science est facilement accessible par les livres, et il en existe des milliers sur le sujet, les infos sur le web ou mieux encore, dans un cours pratique ou une formation appropriée avec un (e) ou des herboristes phytothérapeutes d’expérience !

Assurément, si elles sont bien élevées, cueillies, choisies et adéquatement utilisées par des herboristes ou herbologues-philes, amateurs mais consciencieux, les plantes ont depuis toujours et à jamais, des effets salutaires pour notre santé et nos vies.

C’est Anny Schneider, autrice et herboriste d’expérience, qui l’affirme, l’écrit et le répète sans s’éssoufler !

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