Un astringent sauvage des bois et des talus : le fraisier sauvage


Fragaria vesca >>> petite fraise

 

Fraisier sauvage, fraisier commun, fraisier des bois … cette petite plante herbacée de la famille des rosacées aime croître spontanément dans les sous-bois, le long des talus, dans tous les lieux sauvages frais et un peu humides.

Non, nous n’allons pas parler de tartes, de glaces, de yaourts … mais d’une plante vivace herbacée qui est classée parmi les plantes médicinales.

Dans les anciens temps toutes les parties du fraisier sauvage étaient utilisées dans la médecine de famille. Feuilles et rhizomes séchés, sous forme de thé, amélioraient la production de bile et les fonctions hépatiques, ils permettaient également de traiter les inflammations intestinales, quant aux fruits ils étaient utilisés comme diurétiques,  traitement de la goutte, traitement des coliques néphrétiques. Mais ils étaient aussi considérés comme des cicatrisants de plaies lorsqu’on les mélangeait avec du sel.

De nos jours, les propriétés astringentes, diurétiques, antirhumatismales, hémostatiques, cicatrisants sont retenues, mais bien que leur pouvoir antioxydant, leur indice nutritionnel soient des points importants, récemment des études ont montré que des extraits aqueux de feuilles de fraisier sauvage montraient (in vitro) des effets d’amélioration de la vasodilatation aortique, des actions de limitation des inflammations et des progressions des cellules cancéreuses du côlon.

Que peut-on en retenir et pourquoi ? des études in vitro ou sur animal ont apporté l’évidence d’actions anti-inflammatoires, anticarcinogènes et antiprolifératives, ceci serait corrélé avec la capacité antioxydante de la plante. Le contenu très riche en polyphénols laisse à penser que l’apport de ces molécules permet à l’organisme de booster ses défenses contre les attaques des maladies chroniques.

Polyphénols (ellagitannins, proanthocyanidines, quercétine, kaempférol et dérivés glucuronides), l’acide acétylsalicylique (aspirine)  ont été identifiés comme molécules bioactives des feuilles.

Les folates, la vitamine C, les tocophérols, le xylose, les acides organiques, les micronutriments tels que fer et le manganèse font partie du rhizome, et pourraient être considérés comme un apport nutritionnel conseillé aux personnes anémiques, aux diabétiques, à tous ceux qui souffrent d’urticaire, érythème solaire ou autres éruptions de type allergique.

La vitamine C, les anthocyanines, les protéines des fruits sont de bons apports nutritifs (déconseillés chez les obèses), et des cicatrisants utilisés également en cosmétique pour éloigner les problèmes de peau et … faire peur aux rides.

 

 

Des préparations ?

Bains de bouche / inflammation : faire bouillir 5g de rhizome de fraisier des bois dans 1 litre d’eau pendant 15 minutes, filtrer, laisser tiédir et faire un bain de bouche pour l’hygiène buccale ou un gargarisme pour adoucir les irritations provoquées par les angines.

Diurétique : faire une infusion avec 1 cuillère à soupe de feuilles séchées et 1 cuillère à soupe de rhizome séché dans environ 500 ml d’eau bouillante, laisser infuser une ½ heure, filtrer, en avaler plusieurs tasses dans la journée.

Dépuratif : la vitamine C, l’acide folique, la biotine, le carotène sont des alliés d’une bonne santé hépatique.

Usage pharmacopée traditionnelle : les racines et les feuilles contiennent de l’acide acétylsalicylique qui apporte des effets anti-inflammatoires et calmants, combat la fièvre et retarde la coagulation sanguine.

Plaies, blessures, ulcères : passer au mortier quelques feuilles fraîches, récupérer cette « bouillie » sur une gaze neuve et tamponner la plaie.

Peau : écraser les fruits en bouillie, puis la déposer sur des cotons plats et appliquer sur les pattes d’oie, sur les brûlures du soleil, ou tout simplement sur tout le visage pour tonifier les cellules avant une sortie nocturne. Cette bouillie peut également être mélangée (extemporanément) à une crème ou un lait pour diminuer les vergetures et autres marques inesthétiques de la peau.

Problèmes de tartre dentaire (humain mais aussi chiens et chats) : il faut soit écraser une bouillie de feuilles/fruits et le déposer comme un pâte dentaire, puis frotter ; soit tout simplement faire un rinçage de bouche avec de la teinture mère de Fragaria vesca.

Problèmes de rhumatismes, d’articulations douloureuses ? l’homéopathie est là, une petite cure de granules !!! et les problèmes diminueront sensiblement.

Effets secondaires ? Interactions ? Précautions ?

pas d’effets secondaires connus dans le cadre des usages indiqués. Risque d’allergie moindres et souvent absents car les fruits des fraisiers sont de faux fruits (fruits composés) qui comportent des akènes miniatures (par rapport aux akènes des fraises cultivées).

On peut parfois observer une légère coloration rouge dans les urines.

 

Cathy

 

Cet article a été publié dans comestible, herboristerie, plantes médicinales. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

6 commentaires pour Un astringent sauvage des bois et des talus : le fraisier sauvage

  1. entresoi dit :

    A reblogué ceci sur blogentresoiet a ajouté:
    Je partage cet article fort intéressant 🙂

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  2. Carole dit :

    Je n’imaginais pas tous ces bienfaits, merci Cathy 😉

    Aimé par 1 personne

  3. Encore une belle histoire, Merci Cathy

    Aimé par 1 personne

  4. Agnès dit :

    Merveilleux Cathy!
    Merci.

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  5. chatperleur dit :

    Je ne connaissais pas toutes les propriétés de cette petite plante.
    Merci beaucoup

    Aimé par 1 personne

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