Déprime saisonnière et herboristerie

Plantes et trucs simples utiles pour des nerfs plus solides.

« Au cœur de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été!  » Albert Camus

Ces année 2020-22 ont été éprouvantes comme nulles autres, malgré le temps retrouvé pour s’adonner à des passions plus terre-à-terre : la cuisine, les promenades en nature et le jardinage. Trop de changements cumulés en peu de temps affectent tout le monde et les personnes les plus vulnérables sont les plus affectées, au moral comme au physique.

Remèdes accessibles contre la déprime saisonnière

Même s’il fait frais, voire « frette« , aller dehors en pleine journée et prendre du soleil direct, qui à travers la peau et les lipides de l’épiderme, nous aide à capter le cholécalciférol, forme disponible de vitamine D, pas inutile en supplément non plus mais en D3, idéalement tiré de la lanoline, et du même coup, à augmenter la sérotonine et la mélatonine, calmantes et euphorisantes.

Encore mieux : marcher ou skier (de fond, le meilleur exercice aérobique…), en chantant sous la neige ou au soleil de midi, dans la nature sauvage et silencieuse, est évidemment le mieux!

Faire ce qu’on aime vraiment le plus souvent possible : de l’exercice en nature, lire ou écrire, rire et se distraire avec nos bien-aimés, compagne-compagnon, amis et/ou parents et – ou nos adorables enfants et petits-enfants, si vous prenez le risque…
Effectivement, nourrir et pratiquer sous toutes leurs formes existantes : l’amour, l’amitié et l’entraide sont les meilleurs antidépresseurs, plus précieux que toutes les bébelles inutiles que l’on peut s’offrir! Seigneur combien ils nous ont manqué ces années-ci!

Augmenter la luminosité ambiante, surtout le matin, le soir et les journées grises, ouvrir grand les rideaux, ou sinon, dans notre espace de travail proche, utiliser la luminothérapie, avec des ampoules ou des lampes de chevet spéciales, sinon par des séances de photothérapie dans des salons de bronzage sécuritaires.

Rechercher les aliments riches en tryptophane, un acide aminé inducteur de sérotonine et de mélatonine : œufs sains, dinde bien élevée, graines de citrouille, laitages, soya, algues bleu vertes, et la levure alimentaire qui en contiennent ou en induisent amplement.

Quelques autres suppléments salutaires pour les nerfs et leur enveloppe : la levure de bière Bjäst pour du B complexe assimilable, du calcium et magnésium du cycle de Krebs et les acides gras essentiels en haute dose : Bourrache, Onagre, huile de lin et ou de poissons gras riches en oméga 3, en capsules, le plus simple et accessible.

Trois autres suppléments concentrés qui ont fait leurs preuves pour renforcer et équilibrer le système nerveux sont ceux-ci :

Le 5 htp ou Hydroxytryptophane tiré du Griffonia simplicifolia

Légumineuse originaire d’Afrique du Sud, elle aide au corps à fabriquer de la sérotonine. Elle contribue à se sevrer facilement des antidépresseurs chimiques, aide à contrôler l’appétit, le taux de sucre et contrôle les spasmes et tensions nerveuses. On la trouve sous le nom de 5HTP (Hydroxy-tryptophane) en comprimés de 50 à 100 mg. Facilement accessible dans les magasins naturels et/ou les pharmacies. À prendre le matin et/ou à midi de préférence.

La mélatonine

Trop à risque de virus, les extraits organiques auparavant tirés des cerveaux de bœuf ou de moutons, sont maintenant de source synthétique. Dans certains cas d’insomnie rebelle, ils agissent à merveille pour induire le sommeil. Disponible en liquide ou en comprimés, les dosages varient d’un à 10 grammes, à prendre en général une heure avant le coucher.

La vitamine D3 ou Chlolecalciférol

Celle issue de la lanoline des moutons est la plus assimilable. On peut en prendre entre 400 et 5000 UI par jour, idéalement après un repas avec corps gras car elle est liposoluble. Elle aide autant à la peau, l’immunité qu’à l’absorption des minéraux comme le calcium et ses co-facteurs. Et au moral, évidemment!

Enfin, les meilleures plantes amies du système nerveux

Impossible de tracer un portrait sommaire « physionomique » personnalisée de chacune-chacun, espérant que vous vous y retrouviez, selon vos besoins, votre chimie propre et/ou votre personnalité.

Pour avoir plus de tonus, des plantes énergisantes

Celles-ci sont des carburants nutritifs et stimulants du cerveau et des glandes, gestionnaires de l’énergie nerveuse et hormonale

La chlorelle (Chlorella pyrenoidosa ou vulgaris)

C’est une algue très ancienne vieille de près de 4 milliards d’années, et outre l’eau pure, on pourrait presque survivre en se contentant d’elle pour se nourrir.
Elle contient tous ces nutriments :18 acides aminés (58% de son poids est composé de protéines) ; Vitamine A, groupe B, incluant la vitamine B12, C, E, AGE avec Oméga 3 et DHA, tous ces minéraux : Fer, Calcium, Magnésium, Zinc, Potassium, Soufre, Manganèse, et surtout une source incomparable de Chlorophylle, et d’acides nucléiques antioxydants, très toniques et dynamisants.

Elle contient 10 fois plus de vitamine A que le foie de bœuf et 40 fois plus de protéines que le soja, le riz ou le blé. Et surtout, c’est la plante la plus riche en chlorophylle (4 fois plus que la spiruline).
Elle est essentiellement détoxicante et réellement énergisante, avec des effets nutritifs et antioxydants, plus un taux d’hormone de croissance hors du commun. On la retrouve surtout en comprimés, plus rarement en poudre.

Elle est cultivée dans des bassins d’eau douce tropicaux. Son cousin direct est le phytoplancton marin, notre principale source de chlorophylle et d’oxygène, surtout l’hiver. Hélas! À cause de la pollution des mers, celui-ci est en déclin inquiétant (40 % en moins depuis 50 ans!).

L’ortie : (Urtica dioïca ou Laportea canadensis)

Plante à feuilles très vertes et aux poils urticants, elle aussi très riche en chlorophylle et très concentrée en minéraux, surtout le calcium, la silice, le fer non hémique.

Merveilleuse reconstituante, elle est aussi dépurative, diurétique et antihistaminique. Ses feuilles les plus entières possibles sont plus puissantes cueillies avant la floraison et gardées sèches les plus entières possibles.

À boire à volonté, en tisane bio ou en prendre en concentré liquide, en cure assez prolongée.

Le ginseng canadien (Panax quinquefolius) :


Petite araliacée à cinq feuilles et une tige centrale fructifère qui arbore de jolis fruits rouge brillant à maturité, elle est désormais presque introuvable en forêt à l’état naturel. On en cultive des variétés adaptées au Québec et en Ontario, d’excellents choix disponibles en extraits liquides ou en capsules.

Excellent tonique des surrénales, voire de l’immunité en général notre racine de longévité convient aux deux sexes, autant pour stimuler l’énergie mentale que physique. Pris à la bonne dose, il nourrit et active le Chi ou énergie vitale.


À prendre le jour de préférence, avant les repas, le soir en plus haute dose, surtout en prévision d’une nuit « chaude ».

Les plantes nervines ou engrais des nerfs

Elles aident à nourrir, à réparer et à moduler les circuits et tissus nerveux.

Avoine (Avena sativa)


Cette gracieuse graminée (maintenant une Poacée…), est semée annuellement en plein champs, le plus souvent comme aliment pour les chevaux ou des êtres humains. En herboristerie, on cueille son épillet fleuri en début d’éclosion, téguments compris et on la boit en abondance contre le stress l’hyperacidité, les spasmes nerveux et l’agitation en général.
Son port est altier, son pannicule denté penché et vu de près, ses gracieuses fleurettes jaunâtres débordant du tégument échancré ont quelque chose de touchant.

Le Dr Bach recommande sa proche cousine l’avoine sauvage (Wild oat) contre l’indécision chronique.
Entier, germé, en gruau, en comprimés, en teinture-mère ou en tisane, l’avoine en grains, en flocons ou fleurie (locale et certifiée bio, évidemment!) procure force, santé, endurance, énergie et vitalité.


Voyez bondir dans les prés, les fringants étalons dont c’est le met préféré!

Camomille (Matricaria chamomilla ou recutita)


De ses petites fleurs joyeuses tournées vers le soleil, chacune mûrit en son jour propice et se cueille un capitule doré à la fois.

En tisane légère (trois à cinq fleurs par tasse, plusieurs par jour avant les repas), elle combat la fièvre, les coliques et les crampes intestinales reliées aux diarrhées de diverses origines.

De plus, elle calme les tensions de toute nature, alcalinise et apaise le corps entier, du système digestif aux nerfs trop tendus.

Scutellaire (Scutellaria lateriflora et ou baïkalensis)
Discrète petite plante des rivages humides, elle se dissimule sous les feuillages de plantes riveraines plus imposantes.
Ses fleurs bleu violet, sont très éphémères et fixées latéralement. Toute la partie aérienne de la plante rassérène et répare les nerfs trop tendus.

Elle aide aussi à se sevrer de ces poisons : caféine, nicotine et autres alcaloïdes et narcotiques potentiellement toxiques. On la trouve et la consomme surtout en teinture-mère, sur une base et fréquence régulière pour répartir ses effets tout au long d’une journée très stressante.

Les calmantes et ou hypnotiques

Elles prédisposent au sommeil profond, à la détente et à la relaxation des muscles, des nerfs épuisés par l’excès de tension. En tisane, en capsules ou en concentré liquide, choisissez-en de préférence une seule à la fois, pour ressentir ses effets plus spécifiques pour vous aider à la détente.

Testez, trouvez et utilisez votre favorite régulièrement!

Mélisse (Melissa officinalis)


D’un vert franc au parfum citronné, ses petites feuilles gaufrées se cueillent en tout début de sa discrète floraison.
Aussi nommée citronnelle, elle détend et vivifie, autant par son arôme que son contact.

En tisane légère ou en concentré liquide, prise trois fois par jour avant les repas, pour une absorption plus directe, elle est calmante et euphorisante. Fraîche, on peut l’ajouter ses feuilles aux plats exotiques et desserts.

En dose plus concentrée dans la veillée, elle aide à dormir d’un sommeil profond et à faire de beaux rêves dont on se souvient.

Tilleul (Tilia americana, cordata ou europea)


Précieux arbre au port altier, ses jolies fleurs ailées soignent la nervosité et l’hyperactivité. Elles aident aussi à prendre du recul sur les pensées noires obsessives qui affligent, hélas! même les enfants de nos jours. En outre, c’est un bon fébrifuge et antiviral délicieux en tisane agrémentée de miel et citron.


Veillez à ce que les fleurettes soient certifiées bios, toujours fraîches, odorantes et presque entières. Étrangement, le tilleul est très peu cultivé au Québec ou du moins peu commercialisé et personne n’en vend en concentré. Dommage!

À nous alors d’en cultiver plus abondamment dans nos cours et parcs publics!

Valériane (Valériana officinalis)


L’usage de la valériane comme calmante est validé par les plus grands médecins et herboristes de l’Antiquité dont Dioscoride, Pline et Galien. Analgésique, anticonvulsive, antispasmodique, calmante, euphorisante, hypnotique, hypotensive, relaxante musculaire, tranquillisante. La si odorante racine de valériane possède toutes ces vertus.

La valériane, déjà surnommée le « Valium » végétal soignerait aussi l’hyperactivité des enfants et les méfaits de l’alcool chez les dépendants. Pas étonnant qu’elle pousse autant en abondance autour des grandes villes comme Montréal !

L’idéal est, pour une rare fois, de la prendre en capsules, à raison d’un minimum d’un gramme ou 1000 mg à la fois, au moins dix soirs de suite, pour réussir à rétablir son cycle de sommeil naturel. Évidemment, pour des effets optimaux, choisissez des plantes fraîches de l’année, locales ou régionales, certifiées bio, acquises chez votre herboriste de famille ou un magasin spécialisé.

Heureusement, outre les bons choix, un état d’esprit positif, l’exercice en plein air, les aliments riches en enzymes, en sérotonine et/ou en tryptophane assez nombreux, nous avons les plantes, toutes prêtes à nous renforcer, à nous soutenir et nous calmer.

À nous de les privilégier pour une meilleure année !

Anny Schneider, autrice, conférencière et herboriste-thérapeute accréditée par la Guilde des herboristes du Québec
annyschneider.com

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