L’Asclépiade , l’herbe aux perruches , une plante aux milles vertues, la fibre du futur : le soyer du Québec

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L’herbe aux perruches ( Asclepias syriaca, synonyme : Asclepias cornuti), elle appartient à la famille botanique des Asclépiadacées.

IMG_5847Cette plante vivace indigène d’Amérique du Nord est connue aussi sous le nom d’asclépiade commune , elle peut atteindre 1,50 m de hauteur.

Elle forme une tige simple à feuilles amples qui se garnit en juillet de fleurs roses, orange, rouges ou blanches.

Celles-ci produisent un fruit allongé et renflé  qui ressemblent à s’y méprendre à une perruche, d’où son appellation d’herbe aux perruches. 

 

 

Les fruits peuvent servir à la décoration florale et on les pose souvent sur le bord d’un verre pour simuler un oiseau perché.
perruche herbe

L’asclépiade commune est une plante possédant plusieurs caractéristiques surprenantes. Le monarque, un papillon migrateur désigné en péril au Canada, dépend de cette plante pour survivre.

Les œufs et les chenilles du monarque se développent sur la plante, qui représente leur unique source de nourriture.

C’est d’ailleurs le latex toxique de l’asclépiade qui confère au monarque son mauvais goût lui évitant d’être consommé par les oiseaux.

Usages traditionnels

Cette plante a été ainsi nommée en l’honneur d’Asclépios. Les Grecs utilisaient autrefois une espèce voisine de l’asclépiade commune contre les morsures de serpent; reconnaissant ses vertus thérapeutiques, ils la dédièrent à Asclépios, dieu grec de la médecine».

Les Iroquois utilisaient les fibres de l’asclépiade pour fabriquer des cordes, des filets, des courroies et des ceintures.

Les Amérindiens l’utilisaient aussi en infusion dans l’eau du bain pour reposer le corps et la tisane était utilisée pour expulser les vers intestinaux et comme contraceptif.

Usages culinaires

L’Asclépiade offre trois légumes différents dans l’année :

Les jeunes pousses en juin ressemblent à des asperges ; en juillet les épis floraux non encore ouverts rappellent le brocoli, et puis les jeunes fruits qui ressemblent à de petits cornichons.

Toutes les parties de la plante doivent être consommés cuites. Il est préférable de les faire bouillir à deux reprises, en changeant l’eau, pour enlever l’amertume du latex qui augmente avec la maturité de la plante.

Il est donc recommandé de les récolter assez tôt, de la mi-mai à la fin juin. Les fruits se récoltent en juillet.
Attention la majorité d’asclépiades contiennent un glucoside  (la cardénolide) qui agit sur le cœur et qui est potentiellement toxique pour le bétail et les humains.

Il faut donc les consommer avec modération et toujours les faire cuire.

Usages cosmétiques

L’huile contenue dans les  graines est très riche en omega 3,  elle pourrait devenir un ingrédient incontournable en cosmétique dans le futur.

Usages industriels

Longtemps considérée uniquement comme une mauvaise herbe en agriculture, l’asclépiade commune  connaît un regain d’intérêt en raison des qualités de sa fibre, laquelle est produite à partir de l’aigrette soyeuse de la graine.

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On la surnomme « soyer du Québec » ou « soie d’Amérique », car elle produit une fibre souple, résistante et hydrophobe qui offre d’excellentes qualités comme isolant acoustique et surtout thermique.

Aujourd’hui, la soie de l’asclépiade cultivée commercialement est utilisée pour le rembourrage des douillettes et des oreillers, dans l’industrie textile pour la confection de vêtements chauds qui repoussent l’humidité, dans l’élaboration d’isolants thermiques et acoustiques, et même comme matière absorbante dans le cas de déversements pétrolier.

Laurence

 

A propos Laurence Lebrun

Pharmacien, herboriste, depuis plus de 25 ans, ma passion pour les plantes médicinales m’a permis de voyager à travers les cinq continents et de m'intéresser tout particulièrement aux savoirs traditionnels des plantes médicinales et aromatiques. J'ai acquis une bonne part de mon expérience botanique, en étudiant pendant plus de 10 ans les savoirs traditionnels des amérindiens d'Amazonie Equatorienne, en Amérique du sud.
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4 commentaires pour L’Asclépiade , l’herbe aux perruches , une plante aux milles vertues, la fibre du futur : le soyer du Québec

  1. Soleil Bleu dit :

    Je ne connaissais pas…merci pour ce partage très instructif ! 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Anonyme dit :

    la garde cotière canadienne a équipé son équipage de veste isolée avec la fibre de l’asclépiade. vincent, mon fils marin sur le brise glace Amunsden, l’a expérimenté jusqu’au 82ème parallèle avec bonheur.
    Il existe une entreprise québécois (rechercher : manteau asclépiade) a commencer à les commercialiser.

    Aimé par 1 personne

  3. melusiane herboriste dit :

    je n’arrive pas a laisser un commentaire donc :la garde cotière du canada expérimente des manteaux pour les équipes qui vont dans le grand nord. Mon fils Vincent qui est marin sur le brise glace Amundsen et qui est monté jusqu’au 82 ème parallèle, a le bonheur d’avoir un manteau tout chaud, tout beau et il en est très heureux.Il existe également une compagnie québécoise qui on mis sur le marché des manteau isolé avec de l’asclépiade…..très cher (rechercher manteau asclépiade sur internet). tourloumélusine

    Aimé par 1 personne

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