Origines Célestes et terrestres Noël

Le terme «Noël» vient du latin « natalis», et signifie : naissance, renouveau, nouveauté,

À Babylone, berceau de la civilisation indo-européenne,
cinq siècles avant JC,
C’était la nuit du triomphe de Nemrod, le chasseur ravageur,
Puis de Baal, le dieu-soleil surgi du chaos,
Seigneur des profondeurs et phare des âmes du Schéol,
Fêté lors de célébrations licencieuses d’une nouvelle année tout juste commencée.

Aussi, en Égypte ancienne, on fêtait la plus courte nuit,
Et la lumière triomphante retrouvée,
Avec la naissance d‘Osiris, le fils devenu le mari d‘Isis,
Reine des cieux, rapports oedipiens aussi repris par les Grecs anciens.
À Rome, c’est Caligula, cruel empereur romain, qui décréta que le solstice d’hiver
Marquerait le triomphe de Chronos, maître du temps, celui qui sait compter,
Car il tient le sablier et mesure le monde au compas, en découpant l’espace dans le temps,
Il fut aussi le prétexte d’une orgie de cinq nuits, les Saturnales, où tout ce qui était interdit fut permis,
Dont la permutation des rôles des esclaves et des maîtres déchus de leurs privilèges pour une semaine.

Les Scandinaves, quand eux, fêtaient à ce moment-là Lunus, le dieu de la lune, reine de l’imaginaire,
Ils mangeaient des gâteaux en forme de croissants, en buvant de l’eau de feu ou de l’ambroisie,
Pour conjurer leurs peurs et attiser leurs flammes intérieures de barbares lubriques et sanguinaires.

Bûche incandescente, dinde ou oie grasse, gui, houx et autres arbres toujours verts,
Symboles-repères païens, universels et trans-séculaires des plus longues nuits d’hiver,
Célébrés partout, sous différents noms, pour l’éternel retour du soleil invaincu.

Du cèdre du Liban, arbre de l’éternité, au cyprès, du sapin dit de Noël fêté ici aussi, tradition de souche alsacienne comme moi,


De Dionysos l’hédoniste à la fée des étoiles,
Réminiscence de la Grande Mère, Sémiramis-Isis ou Marie Mère des cieux et de Dieu junior,
Du père fouettard à Saint Nicolas, du papa Noël au Père Noël Coca-cola,
Tant de symboles anciens et plus récents retravaillés,
Habilement récupérés, qui ont largement dénaturé le sens de la Nativité
Saint Walmart, Canadian Tyran ou Dollarama made in China, comblez-nous de bébelles plus ou moins utiles et éphémères !

Depuis toujours, l’homme s’invente des images, figures et rituels-repères,
Pour conjurer la mort et vivifier sa vie,
Mais quoi de mieux pour durer, s’éterniser,
Que d’engendrer nous-mêmes un nouveau-né ?
Effectivement rien de tel pour se perpétuer,
Que de se démultiplier et se diviser cellulairement,
Inoculé dans l’œuf fertile et la semence saine de l’autre,
Dans un flamboiement orgasmique approprié,
Engendrer un être neuf, un tout nouveau-né,
Apparu dans un palace, un trois et demie, une étable ou une case,
Un enfant emprunté pour un temps, mais libre et unique en soi,
Devenu porteur d’espoir pour la lignée, voire le monde entier,
Qui contribuera à assurer la pérennité améliorée
De ce que nous et nos ancêtres avons été.

Noël, Noël ! Criaient les anciens transportés de joie, n’importe quand dans l’année,
En cas de grande victoire, d’une naissance ou d’une nouvelle réjouissante,
Et celui qui, dans notre religion officiellement établie,
Est devenu le prétexte central des célébrations hivernales occidentales:
Jésus, fils de Marie et d’un charpentier de Galilée
Par l’opération directe du St Esprit
Qui en fait, n’est jamais né à Noël mais au printemps,
Et n’a jamais aimé ni le faste, le luxe ou la luxure,
Richesses mal acquises, hiérarchies et autres turpitudes,
En fait un nomade fauché, hippie, anarchiste, un androgyne en tunique,
Qui a demandé à être honoré,
Pas dans des temples dorés ou par des rituels compliqués,
Mais en esprit et en vérité,
Dans l’exercice concret et la pratique de l’amour vrai,
Manifesté envers notre plus proche prochain,
Rares sont ceux qui y parviennent au quotidien.
Émetteurs-récepteurs que nous sommes tous et chacun,
Liés à la terre et à l’autre par la chair, le coeur et le sang,
Au ciel par l’esprit, l’origine et le devenir,
Fugacement propulsés dans un corps et l’instant passager.

Parole de renégate protestante atypique, à la foi souvent vacillante,
Par-delà nos religions, accommodantes ou pas…
Je nous crois tous reliés à l’Unique, à l’Éternel, au Tout- puissant,
Allah, Jehovah, Tsiche Manitou, Wakan tanka…
Bref, à celui qui manie tout,
Et cela, bien au-delà de Noël,
Amour, paix et joie partagés,
Toujours et partout, chaque jour de l’année, voilà la formule magique pour aimer et perpétuer le vraiment vivant!
À tous et chacun de vous, un beau solstice éclairant!

Anny Schneider, autrice, herboriste et poète nomade

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2 commentaires pour Origines Célestes et terrestres Noël

  1. malyloup dit :

    merci Anny, merci pour cet ‘éclairage’ enthousiasmant! ❤

    J’aime

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