Hommage mérité au sapin baumier

Ah! Abies balsamea, notre beau sapin, roi des forêts,

En Europe l’abies alba ou pectinata,

Sinon un cultivar hybride plus durable,

Ici un conifères de l’est, qui par ses attraits,

Nous enchantes jusqu’au cœur de l’hiver,

Embaumant nos demeures au faîte des festivités.

Sapin du solstice, fête du retour de la lumière,

Depuis 5000 ans tu remplaces en Occident le cèdre du Liban,

Symbole d’éternité, de l’esprit plus fort que la mort,

Entre Nemrod, Osiris, Dionysos et le Christ,

Figures changeantes de divinités sacrifiées

Qui ont finalement triomphé ou pas.

Depuis mon Alsace natale, berceau de cette étrange pratique,

Quand garni de pommes, d’oranges et de vraies bougies à pinces,

Tu faisais briller nos yeux d’enfants ingénus,

Réjouis par tes brillants et de ton parfum suave,

Rare arbre jamais permis au salon,

Petite poupée ou auto de métal chromé emballés à tes pieds,

Destinés à moi et mon gentil grand frère Roland.

Là-bas, nommé sapin pectiné, ici sapin baumier,

Poussant dans les hauteurs de la ligne bleue des Vosges,

Ici dans l’humus humide des forêts acides,

De l’Alberta aux Maritimes,

Tes grands sujets semenciers se font rares,

Souvent sacrifiés lors des coupes à blanc,

Visant les épinettes ou feuillus, au bois plus payant.

Dans le langage courant,

Se faire passer un sapin

Plutôt qu’une épinette plus chère,

Discrédite à tort ce cher conifère,

Pire,  « sentir le sapin«  signifie :  

Approcher de sa mort via l’odeur du cercueil

Bois des pauvres trépassés,

Enterrés dans ce bois peu prisé.

Pourtant, ta gomme servant de colle

Pour les canoës, mocassins ou tepees,

Diachylon indien cautérisait même les plaies ouvertes,

Et soignait les affections graves des poumons

Rapportées du vieux monde par les visages pâles,

En gomme mâchée ou décoction des jeunes rameaux,

Tu fus pour les singes nus du Nord, surtout l’hiver,

Une rare source de vitamine C nécessaire à leur survie,

Ce que savait alors chaque sage des bois,

Toujours sûrement utile contre la nouvelle peste…

Tapis de sol assainissant des shapituans très peuplés,

Ou de la tente tremblante purifiante, ils te révèraient

Pour ta longévité, ta forme pyramidale et tes arômes si subtils

Depuis leur passage multimillénaire du détroit de Béring,

Imitant les Innus, les colons blancs, barbiers-chirurgiens,

Apothicaires-colporteurs, ont vite appris à t’utiliser,

Te vendent jusqu’à ce jour en capsules ou en sirop,

Contre les maux persistants des poumons, asthme inclus,

Ou en pilules comme laxatif combiné à l’aloès noir.

Les sœurs de la Providence faisaient, même à l’hôpital,

Des lavements vermifuges mêlés aux jaunes d’œuf,

Et on t’exportait en baril entiers par navires,

Contre la tuberculose ou phtisie, alors si présente dans les vieux pays.

Distillée ici, ton huile essentielle est reconnue dans le monde entier

Pour ses effets assainissants de l’air et des poumons,

Les terpènes de ta gomme servent de diluant à peinture,

Et ta résine ajoutée aux vernis

Des violons et ingrédient des lentilles informatiques et optiques.

Pour le plaisir ponctuel d’un Noël si éphémère,

Tu es désormais cultivé à coup de pesticides, 

L’espèce Douglas ou Fraser étant plus durables,

Mais en forêt tu deviens fragile et rare toi aussi :

Comme tous les monocultivés pour le profit ajouté,

Vendus à 100 piastres US à Time square, Hé hé!,

Car le père Noël Coca-cola aime les rituels payants,

Star éphémère alourdie de bébelles scintillantes,

Pour finir bêtement hâché dans la choppeuse à compost…

Ah!  La forêt, comme les marais,

Uniques états d’origine de la nature naturante,

Comme tu manques à nos âmes de nomades pêcheurs-cueilleurs,

Que nous fûmes durant des millénaires…

Cher si bon sapin,

Il est temps qu’on te revalorise, pas seulement à Noël,

À coup de gestes signifiants et d’écrits percutants, pacte vert ou pas,

Pour défendre de qui reste de ton habitat originel,

La grande forêt méridionale de l’est et ses nombreuses formes de vie connexes.

Pyramide« evergreeen`bien enracinée pointant le ciel toute l’année,

Gratitude envers toi, admirable sapin, pour tes innombrables bienfaits!

Anny Schneider, autrice, herboriste-thérapeute accréditée et poétesse

Waterloo, Québec, Canada Décembre 2020

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