Son nom évoque des liqueurs, des apéritifs et même des teintures pour cheveux. Il est caractérisé d’amer, et est un excellent stimulant de l’appétit et des fonctions digestives.
Vous avez deviné?

Celui que nous connaissons, originaire d’Amérique du sud et exporté dans le monde entier fait partie de la famille des rubiacées. Sa notoriété est venue de l’utilisation de la poudre de son écorce d’arbre. Son écorce, ses branches sont rugueuses, de couleur tantôt jaune, grise ou rousse. La culture de cet arbre, initialisée par les anglais puis les hollandais, fit naître de nombreuses recettes de boissons aromatiques.
En parallèle, deux pharmaciens français ont isolé des alcaloïdes aux propriétés antipyrétiques, analgésiques et antipaludéennes. Depuis, une de ces molécules fait partie de la liste des médicaments essentiels inscrits par l’Organisation Mondiale de la Santé.
La pharmacopée quant à elle exploite les principes actifs de la plante dans des objectivations de stimulation des fonctions digestives.
Il existe aussi le petit cousin de Guyane, aux propriétés toniques, fébrifuges, amères et vermifuges. Il appartient à la famille des Simarubacées. Défini comme un cholagogue, il figure à la pharmacopée française et on le retrouve dans plusieurs spécialités pharmaceutiques principalement objectivé en tant que tonique. Son composé principal actif appartient à la famille des terpénoïdes, c’est le principe amer lactonique qui stimule les fonctions biliaires, gastriques, intestinales et rénales.
Ce composé est également enregistré comme un insecticide efficace contre les pucerons des arbres fruitiers, il est par ailleurs inscrit au cahier des charges européen de l’agriculture biologique (règlement CEE 2092/91) bien qu’aucune spécialité ne soit homologuée en France.
Pas encore d’idées
Le premier est le quinquina (Cinchona succirubra Pavon)
A ce jour le quinquina est devenu un « arbre un peu oublié ». Il a manqué disparaître par utilisation trop intensive de son écorce, et extraction de la quinine. Molécule maintenant remplacée par ses homologues de synthèse, en particulier la chloroquine.
On trouve 3 variétés de quinquina :
- Le quinquina gris (cinchona officinalis) qui est utilisé pour fabriquer un apéritif avec addition d’alcool, de raisin sec, de cacao et de fleurs de sureau.
- Le quinquina rouge (cinchona pubescens ou succirubra) très riche en quinine, en phénols antioxydants, en anthraquinones. C’est de loin le plus exploité. Tonifiant et fortifiant, il entre dans la composition de produits de teinture de cheveux.
- Le quinquina jaune (cinchona calisaya), très riche également en quinine, facile à cultiver. Son amertume est moins franche, et il est souvent employé pour fabriquer un digestif ou un élixir contre l’inappétence. Il est accompagné d’extraits d’écorce d’orange, d’extraits de racine de rhubarbe, de quassia, d’absinthe, d’angélique, de résine de myrrhe, de safran …
Le quinquina est également utilisé pour les fièvres paludéennes, les engorgements de foie, de fortifiant…
La médecine vétérinaire utilise des décoctions pour traiter des cas de scorbut chez le chien, des cas de rouget chez le porc…
Le second est le quinquina de Cayenne (Quassia amara) arbuste connu des créoles qui lui attribuent des propriétés fébrifuges, répulsif de moustiques, soins de la varicelle et de la rougeole, du paludisme …
Il figure à la pharmacopée française sous le nom de Quassia du Surinam, comme tonique amer. Les écorces renferment principalement deux quassinoïdes (la quassine et la néoquassine). Ces principes actifs stimulent les sécrétions digestives. L’action d’une molécule active appelée Simalikalactone D a été analysée par l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) démontrant une activité aussi importante que l’artémisine (lutte contre le paludisme, la malaria mais aussi contre le développement de cellules cancéreuses).
Les propriétés antipaludéennes, antifongiques, antiulcéreuses et antibactériennes ont été confirmées sur des études sur l’animal.
La macération de l’écorce à 30g/L est idéale pour lutter contre les pucerons des arbres fruitiers, mais il est important de savoir que la quassine tue les larves des moustiques (dont celles d’Aedes aegypti) vecteur de la dengue.
Cathy
