ÉPIDÉMIES ET ODEURS

Aujourd’hui, dans ce contexte d’épidémie à Covid-19, j’ai eu envie d’explorer comment, et dans quel but les médecins de l’époque médiévale, puis de la renaissance utilisaient les odeurs pour traiter ou prévenir les maladies contagieuses, et les épidémies, soit les essences (autre nom des huiles essentielles) et plus largement les parfums qu’ils avaient à leur disposition.  

L’alambic, donc la distillation et la production d’huiles essentielles, sont nés au Proche Orient,  vers le 8e ou le 9e siècle. Très rapidement, les alchimistes, savants de l’époque, enivrés de découvertes, rêvent alors de tout distiller : plantes, cailloux, animaux, etc. pour extraire l’essence ultime de la matière afin de la mettre au service des médecins. 

Le musc et l’ambre gris (tous les deux dérivés de produits animaux), la rose, le bois d’agalloche (sécrétion résineuse d’un arbre appartement au genre Aquilaria lorsqu’il est infecté par des champignons), le santal, le camphre font partie des produits les plus communément cités dans les traités médicaux de cette époque et région du monde.

Par la suite, très rapidement, cet engouement pour les parfums, les huiles parfumées, les essences gagnera l’occident qui les mettront aussi à profit pour essayer de lutter contre les grandes épidémies.

Parmi tous les livres écrits par les médecins remarquables de cette époque, « le traité de la variole  et de la rougeole  » dont l’auteur est le célèbre médecin Muḥammad ibn Zakariya Abu Bakr al, aussi appelé Razi, Rhazès ou Razès (825-963), nous éclaire sur ce que les médecins espéraient comme effet thérapeutique en utilisant ces essences et autres parfums.

Bien sûr, à cette époque, pour expliquer ces maladies infectieuses et les traiter, point de virus ou autres bactéries causes de pathologies infectieuses, de systèmes immunologiques bardés d’anticorps et d’antigènes, de cytokines, TNF-alpha et immunoglobulines qui vont dans un sens ou dans un autre, mais une très bonne connaissance des symptômes, de l’évolution de la maladie et de ses différentes étapes, avec ses signes d’aggravation, et description des séquelles possibles.

Dans ce traité, Razès parlant de la variole, affirme que si elle est très grave, le remède, les soins, sont, eux très simples. Avant  toute chose, écrit-il, il faut utiliser des parfums qui calment, rassurent le malade, car cette maladie s’accompagne de beaucoup d’angoisses extrêmes et d’insomnies.

C’est pourquoi, Razès enjoint au médecin de s’assurer qu’il agit dans l’air (en diffusant des parfums autour du malade), sur les vêtements (en faisant brûler des résines odorantes et en imbibant les  vêtements  de ces fumigations), et sur le malade lui-même (en appliquant directement sur la peau des essences sélectionnées).

C’est à ce seul prix, dit-il que l’on peut espérer une guérison sans séquelles.

Actuellement, si, fort de notre regard biomédical, nous nous penchons sur ces écrits, nous  dirions que pour Razès, la guérison de cette maladie infectieuse grave passe en premier par l’apaisement mental du malade, qu’il privilégie donc une approche psychologique. Pour obtenir ce résultat, Razès utilise, empiriquement,  les huiles essentielles et produits odorants qu’il a à sa disposition qui lui permettront de contrôler le stress, les angoisses ressenties. Faisant cela,  il espère arriver à atténuer la gravité des cas de variole en limitant l’apparition de séquelles très invalidantes (surdité, perte de la vue).

De fait, force est de constater que les pratiques de Razès et de ses contemporains ne différent guère des aromathérapeutes d’aujourd’hui, qui utilisent les odeurs pour jouer sur nos états émotionnels, et sur le fameux stress,  facteur connu comme étant un puissant perturbateur de notre système immunologique,  révélateur et source d’aggravation de tous les problèmes de santé, que ceux-ci soient physiques ou mentaux, d’origine infectieuse ou autre.

Il semble aussi intéressant de noter qu’un des symptômes caractéristiques de cette infection à Covid-19 est la perte de l’odorat (anosmie).

Et si le stimuler agréablement apportait aussi un bénéfice thérapeutique un peu particulier?

Donc, n’hésitez pas : à vos diffuseurs, pour un peu de détente, clef de la santé !

Prenez soin de vous et de ceux que vous aimez !

Geneviève

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3 commentaires pour ÉPIDÉMIES ET ODEURS

  1. malyloup dit :

    on constate bien souvent qu’on est déjà beaucoup mieux en sortant de chez le médecin qui n’a fait que nous rassurer en fait! mais ça stimule déjà nos défenses immunitaires 😉
    alors oui, les odeurs que j’aime me sont très utiles pour me sentir bien
    merci beaucoup pour ce billet plein de bon sens et d’optimisme et c’est ce que je ressens en respirant les huiles si précieuses à notre santé 🙂

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  2. Merci Malylou pour votre commentaire ! Oui, il ne fait pas hésiter à se baigner de bonnes odeurs, elles ont un impact direct (et scientifiquement prouvé) sur notre système immunitaire. Bonne continuation. Geneviève.

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