Le noyer des Andes ou guaimaro , l’arbre multi usages qui prends soin de la planète

Connaissez-vous cet arbre magique ?

Son nom scientifique est Brosimum alicastrum et les scientifiques l’ont recensé de longue date, car le noyer maya pousse depuis des siècles entre le Mexique et le Brésil où il était vénéré par les civilisations pré-colombiennes. Ses fruits, des baies orangées, sont réputées pour leurs apports nutritifs contenant autant de protéines que le lait et de fer que les épinards mais quatre fois plus de potassium qu’une banane et de magnésium que les haricots rouges. Hélas si cet arbre est au centre des conversations ce n’est pas pour ses noix mais pour son bois, convoité par les constructeurs locaux et qui incite à la déforestation sauvage.

Pourtant, ce que le guaimaro a de plus précieux est ailleurs : profondément enraciné, l’arbre participe à adoucir les sols riches en acide. Il a aussi la miraculeuse capacité à capter le CO2 et le fixer dans la terre, libérant donc l’air environnant. Cerise sur le gâteau, contrairement aux autres essences, quand le guaimaro meurt il ne relâche pas de CO2 dans l’air non plus. C’est véritablement notre meilleur allié contre la pollution et le réchauffement de la planète. Conscient de cet atout, l’ONG française Envol Vert a pris le problème à la racine.


UTILISATIONS LOCALES DU BOIS

Son bois est important pour divers usages locaux, par exemple: charpenterie et construction d’intérieur, meubles simples, panneaux de particules, contreplaqués, coffrages, formes à chaussure, selles, outils, et ÉQUIPEMENT DE SPORT. Il sert également de bois de feu ou à fabriquer du charbon de bois.

USAGES NON LIGNEUX

Cet arbre offre une myriade d’usages.Très savoureuses, ses feuilles servent de fourrage. Elles sont très digestes (>60%) et contiennent jusqu’à 13% de protéines. Dans certaines régions (par ex., au Guatemala) les branches sont coupées pour servir de fourrage durant la saison sèche, et là où l’arbre est présent dans les pâturages, outre le fait qu’il procure de l’ombre, les animaux mangent les fruits tombés au sol. Les porcs en sont très friands. Dans l’alimentation animale, les graines (riches en protéines – 12 à 20% – en glucides et en vitamines A et B2, et en niacine) peuvent remplacer en partie (jusqu’à 30%) les céréales vendues dans le commerce, comme le sorgho. Elles procurent des protéines de haute qualité à haute teneur en acides aminés (lysine, arginine, tryptophane, valine.) Ses fruits, qui sont consommés par l’homme depuis l’époque précolombienne, ont une saveur sucrée agréable et on confectionne des gelées avec la pulpe. On pense que les graines pourraient avoir été un aliment fondamental du régime des Mayas à l’époque précolombienne. Elles peuvent être cuisinées ou torréfiées, et sont consommées entières, comme des marrons. Voir www.mayanutinstitute.org

La farine obtenue des graines peut être mélangée à du maïs pour confectionner des tortillas; la farine des graines torréfiées sert de substitut au café. Bouillies, elles remplacent la pomme de terre. Diluée, la sève de l’arbre peut se substituer au lait en raison de sa saveur agréable et de sa solubilité dans l’eau. La sève peut aussi servir à imiter la gomme. Usages médicinaux: infusions de feuilles contre les infections pulmonaires et l’asthme, et infusions d’écorce comme tonique. Au Nicaragua, la sève sert à stimuler la lactation chez les femmes qui allaitent, mais au Mexique c’est l’extrait de fruit qui est utilisé à cette fin.

A propos Laurence Lebrun

Pharmacien, herboriste, depuis plus de 25 ans, ma passion pour les plantes médicinales m’a permis de voyager à travers les cinq continents et de m'intéresser tout particulièrement aux savoirs traditionnels des plantes médicinales et aromatiques. J'ai acquis une bonne part de mon expérience botanique, en étudiant pendant plus de 10 ans les savoirs traditionnels des amérindiens d'Amazonie Equatorienne, en Amérique du sud.
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